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Après avoir été enfermés sur un bateau errant en mer Méditerranée depuis le mois de décembre, il a été finalement décidé que les 1 700 bêtes du navire Elbeik seront euthanasiées. Étant malades, affamés et déshydratés, les pauvres animaux ont enduré un calvaire pendant trois longs mois. Les associations de défense du bien-être animal dénoncent une fois de plus la maltraitance des animaux sur les navires bétaillers.

Des animaux ont été jetés par-dessus bord

Le 18 décembre 2020, deux navires bétaillers, le Karim Allah et l’Elbeik, ont quitté le port de Carthagène, en Espagne à destination de la Turquie et de la Libye. Les navires étaient alors chargés de jeunes vaches espagnoles. Le Karim Allah transportait à son bord près de 900 animaux et l’Elbeik 1 800 autres, a rapporté The Guardian. Une fois arrivé en Turquie fin décembre, le Karim Allah s’est vu refuser d’entrée sur le territoire à cause d’une suspicion de fièvre catarrhale ovine, ou maladie de la langue bleue, une maladie bovine qui provoque de la fière, des problèmes respiratoires, une cyanose de la langue chez l’animal infecté.

Depuis ce refus initial, les navires se sont vu refuser d’entrée dans de nombreux pays et ont alors dû errer en Méditerranée plusieurs semaines afin de trouver un pays où débarquer les bêtes. Fin février, le Karim Allah retourne finalement en Espagne où le ministère de l’Agriculture ordonne à ce que l’on soumette les bovins à des tests sanguins. Si les autorités espagnoles n’ont pas officiellement annoncé que les bêtes souffraient de la maladie de la langue bleue, elles ont énoncé un bon nombre de symptômes et ont ordonné que tous les animaux du Karim Allah soient abattus.

De son côté, l’Elbeik a également reçu l’ordre de retourner au port de Carthagène afin de procéder à l’abattage des 1 610 taureaux restants sur le navire. À cause des conditions de bien-être catastrophiques sur le bateau, 179 animaux ont en effet péri durant le voyage. Ces animaux ont tout simplement été jetés par-dessus bord. Pour expliquer cette décision d’euthanasier le reste des bovins sur le navire, le ministère de l’Agriculture espagnol a déclaré que les animaux n’étaient plus aptes à voyager et ne pouvaient pas être réimportés dans l’Union européenne, a rapporté Reuters.

Certains animaux étaient si maigres qu’ils avaient la peau sur les os

Les militants pour le bien-être animal n’ont pas tardé à réagir face aux conditions désastreuses dans lesquelles ont vécu ces bovins pendant près de trois mois. Ils ont notamment confirmé que même si certains pays avaient effectivement fourni de la nourriture et de l’eau pour les animaux et l’équipage des navires, cela était loin d’être suffisant. Dans un communiqué, Eurogroup for Animals a notamment rapporté qu’au moment où des vétérinaires avaient effectué une inspection à bord de l’Elbeik, certains animaux étaient si maigres que l’on pouvait voir leurs os à travers leur peau.

Par ailleurs, les animaux vivaient dans un environnement inondé par leurs propres déjections. La souffrance des bovins était telle que bon nombre d’entre eux étaient dans un état léthargique, incapables de répondre au moindre stimulus. Face à cet exemple flagrant de maltraitance animale dans les navires bétaillers, les défenseurs du bien-être animal dénoncent une fois de plus le danger que représentent les longs voyages en bateau pour les animaux. Le cas du navire Elbeik « montre clairement que le bien-être animal ne peut pas être garanti lors de longs trajets et qu’en cas de crise, les interventions sont impossibles ou inefficaces », a ainsi précisé Eurogroup for Animals. Comme alternative, l’organisation propose notamment de favoriser le transport de viande et de carcasse, plutôt que des animaux encore vivants.

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Françoise Lalanne
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Françoise Lalanne

C’est une honte absolue, que les responsables paient leurs abominations par une vie de misère et de malheurs !