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Cette étude menée sur des bourdons révèle que le nectar le plus sucré n’est pas nécessairement le meilleur. Plus difficile à régurgiter, celui-ci demande davantage d’efforts aux insectes et complique le processus de pollinisation.

Une part importante de l’équation

Le bourdon est un consommateur de nectar avisé. Lorsqu’il choisit les fleurs sur lesquelles il va récolter la substance collante, il peut tenir compte de la distance à laquelle se trouve la plante, de la forme des pétales et de la concentration en sucre de son nectar, conditionnant le temps nécessaire pour le régurgiter, comme le montrent ces travaux présentés dans le Journal of the Royal Society. Si un nectar plus sucré s’avère plus riche, il se révèle également plus visqueux, ce qui complique la tâche des insectes en rendant le processus de régurgitation beaucoup plus énergivore.

Ces dernières années, plusieurs études ont évalué le temps nécessaire aux abeilles pour butiner des nectars présentant différentes concentrations en sucre, dans l’optique de déterminer lesquelles seraient les plus attrayantes pour les insectes, et ainsi optimiser le processus de pollinisation. Mais ces travaux ont largement ignoré la phase de régurgitation, intervenant lorsque ces dernières reviennent à la ruche et représentant une part importante de l’équation.

Afin de combler cette lacune, une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford a étudié plusieurs spécimens de Bombus terrestris, l’un des bourdons les plus communs en Europe et un pollinisateur populaire dans les serres.

Plus le nectar est sucré, plus la phase de régurgitation s’avère lente et éprouvante

L’équipe a présenté aux insectes trois solutions présentant différentes concentrations en sucre : 35 %, 50 % et 65 % (dont la consistance se révélait proche de celle du sirop d’érable) et a ensuite chronométré le temps nécessaire aux insectes pour les butiner, puis les régurgiter. Et il s’est avéré que des concentrations élevées en sucre rendaient cette seconde étape beaucoup plus lente pour les bourdons. Alors que la régurgitation d’une solution présentant une teneur en sucre de 35 % ne prenait que 4 à 5 secondes, ce processus pouvait durer près de 30 secondes pour la solution la plus sucrée.

Bien que les chercheurs britanniques n’aient pas été en mesure de quantifier précisément l’énergie dépensée par les bourdons pour régurgiter le précieux nectar, leurs comportements semblaient, assez logiquement, indiquer un effort bien plus marqué lorsque les solutions présentaient une forte teneur en sucre. Selon eux, les bourdons pourraient préférer les nectars présentant un taux de sucre 3 à 4 % plus faible que ce que les précédentes études avaient estimé, afin d’éviter d’être trop ralentis durant la phase de régurgitation.

Les auteurs de l’étude espèrent que ces résultats serviront de base aux futurs efforts de sélection visant à rendre les cultures plus attrayantes pour les pollinisateurs, ce qui permettrait d’augmenter les rendements afin de nourrir une population mondiale croissante.

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