Ce mardi, la Haute Cour du Botswana a annoncé sa décision d’abroger les lois criminalisant l’homosexualité. Il s’agit d’une victoire historique pour les défenseurs des droits des LGBT en Afrique.

La pénalisation de l’homosexualité était « une atteinte à la dignité humaine »

Interdites depuis 1965 par le code pénal du pays, les relations entre personnes du même sexe ne sont désormais plus considérées comme un délit au Botswana. La modification de l’article 164 a été votée à l’unanimité par les juges de la Haute Cour, qui ont estimé que « toute discrimination à l’encontre d’un membre de la société est une discrimination à l’encontre de tous ». Le jugement prononcé par le juge Leburu précise « qu’une nation démocratique est une nation qui embrasse la tolérance, la diversité et l’ouverture d’esprit », et que « l’inclusion sociale est essentielle pour mettre un terme à la pauvreté ».

Michael Leburu a par ailleurs ajouté « qu’il n’était pas dans l’intérêt public de criminaliser l’homosexualité » et que « la marginalisation des groupes minoritaires portait atteinte à la dignité humaine ». La Haute Cour s’est prononcée sur ce sujet sensible suite à la requête d’un anonyme (simplement identifié par ses initiales pour des raisons de sécurité) en mars dernier, qui contestait le code pénal, prévoyant alors jusqu’à sept ans d’emprisonnement pour les personnes homosexuelles. Dans la déclaration écrite remise aux juges, l’homme réclamait notamment « davantage de tolérance ».

Plus de 50 % des pays africains considèrent encore l’homosexualité comme un crime

La justice botswanaise a officiellement dépénalisé l’homosexualité ce mardi 11 juin, au terme d’une journée d’audience. En vigueur depuis le milieu des années 1960, les lois anti-gays étaient considérées comme un vestige du passé colonial du pays (sous protectorat britannique jusqu’en 1966), et la nation subsaharienne avait montré des signes encourageants ces dernières années, avec notamment un jugement de la cour d’appel en 2016, qui avait condamné le refus du gouvernement d’enregistrer une organisation souhaitant représenter les personnes LGBT.

Cette nouvelle décision forte de la Haute Cour constitue une nouvelle victoire historique pour les défenseurs des droits LGBT en Afrique, et va notamment permettre de mettre un terme à la stigmatisation dont souffraient les homosexuels souhaitant bénéficier de soins médicaux adaptés, dans un pays où le VIH touche 22,8 % des adultes. On rappelle que l’homosexualité est toujours considérée comme un crime dans plus de 50 % des pays africains, et que si certains pays comme l’Angola ou le Botswana ont récemment décidé de la décriminaliser, d’autres, comme le Kenya, ont choisi de maintenir les lois en vigueur.

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