L’Homme détruit tout sur son passage : 148 500 orangs-outans disparus en 16 ans à Bornéo

Les orangs-outans de Bornéo sont sur le déclin. Entre 1999 et 2015, 148 500 orangs-outans ont disparu de la surface de l’île. La faute à l’Homme, comme toujours, qui exploite leur habitat et les chasse illégalement.

 

Déforestation : l’influence de l’Homme n’a pas de limite

La population d’orangs-outans de Bornéo a diminué de 53 % depuis 1999. C’est ce qu’on peut lire dans cette inquiétante étude publiée dans le journal Current Biology, menée par des chercheurs internationaux. Et comme toujours, l’Homme est la cause principale de cette catastrophe.

Maria Voigt, l’une des auteurs de l’étude et officiant à l’institut Max Planck en Allemagne, indique : « Les ressources naturelles sont exploitées à des taux élevés, insoutenables, à travers l’écosystème tropical, y compris à Bornéo ». L’influence de l’être humain, via l’exploitation forestière et minière, n’est plus vraiment à prouver : « Le déclin de la densité de population a été plus sévère dans les endroits qui ont été déboisés ou transformés pour l’agriculture industrielle, car les orangs-outans ont du mal à vivre en dehors des zones forestières », continue Maria Voigt.

 

La chasse, l’une des causes principales de la disparition de près de 150 000 orangs-outans

Mais ce n’est pas tout ! La chasse illégale pratiquée sur les orangs-outans de l’île affecte également grandement leur population : « Cependant, le plus grand nombre d’orangs-outans qui ont disparu pendant la période de l’étude était dans des endroits qui sont restés boisés. Cela signifie que l’abattage joue un rôle majeur », explique l’auteure.

Les habitants de Bornéo sont sans pitié face aux grands singes : « Lorsque ces animaux entrent en conflit avec les propriétaires d’une plantation, ils en ressortent toujours perdants. Les gens les tuent », ajoute Serge A. Wich, un autre des auteurs de l’étude. « La semaine dernière, on nous a rapporté qu’un orang-outan avait reçu 130 fragments de plomb dans le corps, après s’être fait tiré dessus ».

Il affirme également « C’est choquant et surtout inutile. Les orangs-outans peuvent peut-être manger les fruits cultivés des fermiers, mais ils ne sont pas dangereux ».

 

L’espoir est-il permis ?

Malgré leur statut d’espèce en « danger critique d’extinction », les orangs-outans connaissent encore de nombreuses exactions, toutes illégales. Sans mesures de protection supplémentaires, les chercheurs prévoient à Bornéo la disparition de 45 000 orangs-outans en plus dans les 35 prochaines années, et ce, en prenant seulement en compte la déforestation.

L’on sait depuis désormais longtemps que la production d’huile de palme, présente dans de nombreux produits alimentaires, est l’une des causes majeures de la disparition des orangs-outans. Emma Keller, de la WWF, appelle les consommateurs à « mettre la pression » sur les entreprises, afin qu’elles respectent enfin l’habitat des animaux.

Une association, concernée par la cause des orangs-outans, aide à sa manière les grands singes, dont l’habitat est fragmenté par les routes, les plantations de palmiers à huile et les canaux de drainage. L’organisation Hutan en Malaisie crée en effet des sortes de ponts aériens pour relier les zones fragmentées de la forêt entre elles, de façon à permettre aux orangs-outans de rejoindre les différentes parties de leur habitats.

« Voir ces animaux utiliser ces ponts est un signe très positif », affirme Catherine Barton, membre du Chester Zoo au Royaume-Uni qui travaille main dans la main avec l’association. Et de continuer : « Mais c’est une solution à court terme ». À long terme, il faudra cesser la déforestation et replanter les arbres. Et ainsi, peut-être, sauver les orangs-outans…


Seuls 50% des 1,8 million d’enfants atteints du VIH/Sida ont accès au traitement dont ils ont besoin.

— @UNICEF_france