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De récentes recherches ont montré que les niveaux sanguins d’une protéine spécifique permettaient d’estimer le risque de diabète de type 2 jusqu’à deux décennies avant la survenue des premiers symptômes.

Un lien étroit

Initialement découverte à la fin des années 1980, la follistatine est sécrétée par de nombreux tissus du corps humain (notamment le foie) et joue un rôle important dans un certain nombre de processus métaboliques. Au cours de la dernière décennie, les chercheurs ont constaté que les patients atteints de diabète de type 2 présentaient souvent des taux sanguins élevés de cette protéine.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature Communications, une équipe de l’université de Lund (Suède) a examiné les données de la cohorte cardiovasculaire de l’étude Malmö Diet and Cancer en se concentrant sur les niveaux sanguins de follistatine chez près de 5 000 sujets. Indépendamment des autres facteurs de risque, il s’est avéré que des taux élevés de cette dernière étaient associés au développement du diabète de type 2 bien avant que la maladie ne se déclare.

« Des niveaux plus élevés de la protéine follistatine circulant dans le sang permettent de prédire le diabète de type 2 jusqu’à 19 ans avant l’apparition de la maladie, indépendamment des autres facteurs de risque connus, tels que l’âge, l’indice de masse corporelle (IMC), la glycémie à jeun, le régime alimentaire ou l’activité physique », a expliqué Yang De Marinis, auteur principal de l’étude.

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Des études antérieures menées sur des animaux ont montré que la follistatine pouvait exacerber la résistance à l’insuline et favoriser l’accumulation de tissus adipeux dans le foie. Un mécanisme plausible via lequel des niveaux élevés de cette protéine pourraient augmenter le risque de développer un diabète de type 2, selon les chercheurs.

« La follistatine a le potentiel pour devenir un biomarqueur important pour prédire le futur diabète de type 2 »

Une analyse génomique a également été effectuée pour déterminer s’il existait une association génétique avec des taux élevés de follistatine. Et une variante spécifique du gène GCKR, précédemment associée à un certain nombre de caractéristiques métaboliques (y compris un risque accru de diabète de type 2), s’est avérée y être étroitement liée.

« Cette étude montre que la follistatine a le potentiel pour devenir un biomarqueur important pour prédire le futur diabète de type 2, et elle améliore également la compréhension des mécanismes qui sous-tendent la maladie », a estimé De Marinis.

Cofondée par le chercheur, la société Lundoch Diagnostics développe actuellement un outil de diagnostic basé sur l’IA intégrant les niveaux sanguins de follistatine dans le sang dans un score de risque global mesurant la probabilité future d’une personne de développer un diabète de type 2. L’objectif à terme étant de proposer un simple test sanguin de diagnostic.

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