Rencontrez le plus déjanté des avocats dans Better Call Saul, l'excellente série dérivée de Breaking Bad

Les spin-off ont une mauvaise réputation. Malheureusement, elle est presque toujours justifiée. Lorsque Breaking Bad a conclu sa cinquième saison en s’imposant comme l’un des chefs-d’oeuvre du petit écran, beaucoup ont pris peur à l’annonce d’une deuxième série spin-off. Mais avec Vince Gilligan aux commandes et une première saison grandiose, Better Call Saul continue de faire un tabac et de gagner en popularité, que ce soit chez les fans ou les critiques.

 

Comme le titre l’indique, le spin-off se concentre sur Saul Goodman, l’avocat crapuleux et apeuré qui aide Walter White et Jesse Pinkman alors qu’il s’enfonce de plus en plus dans le monde criminel et l’illégalité. Better Call Saul est le slogan choisi par l’avocat et qui passe sans cesse à la télévision et radio locale. Mais avant de blanchir les millions générés par l’empire de méthamphétamine de Heisenberg, Saul Goodman n’était qu’un simple avocat. Et avant d’être un avocat, c’était un moins que rien, un escroc de rue qui gagnait sa vie en arnaquant les gens assez naïfs pour tomber dans ses pièges.

 

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À l’idée de voir une série entière basée sur un personnage qui est le comique de service plus qu’autre chose, même les fans les plus dévoués de Breaking Bad ne savaient qu’en penser. Mais dès le début, on ressent la même ambiance captivante qui habitait la série de Vince Gilligan, la même mise en scène originale et surtout, une nouvelle perspective sur un personnage que l’on pensait connaître de A à Z. Bob Odenkirk reprend son rôle avec brio et on ne peut s’empêcher de prendre son parti même lorsqu’il n’y a que très peu de choses qui pourraient en faire un personnage attachant. Mais après tout, c’est exactement ce qu’avait déjà su faire Gilligan avec Breaking Bad.

À côté de ça, on retrouve d’autres personnages, Mike Ehrmantraut (Jonathan Banks) en tête : un ancien policier travaillant comme garde sur le parking du tribunal. Là aussi, Better Call Saul nous permet de voir sa transformation et comment Mike est passé des enquêtes sur les meurtres à être celui qui laisse des cadavres derrière lui ou les fait disparaitre. D’autres personnages moins importants, mais tout aussi marquants comme Tuco Salamanca font leur apparition et les fans ont hâte de savoir qui d’autre apparaitra au cours des différentes saisons de la série. Sur le fond, Better Call Saul expose avec justesse la limite parfois très fine entre la légalité et l’illégalité.

 

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Une limite qui n’est parfois qu’une façon de tourner une phrase, de choisir un mot plutôt qu’un autre ou de faire un geste avant l’autre. Saul Goodman incarne l’histoire d’un moins que rien qui tente de reprendre son destin en main en devenant avocat. Il y parvient, mais sans que cela transforme réellement sa vie. Son diplôme n’impressionne personne et ne lui permet pas de vivre convenablement et son entourage ne le considère pas comme un avocat digne de ce nom. Le peu de bonne volonté qui lui reste s’érode petit à petit. Saul Goodman n’est pas un homme mauvais dans le fond de son coeur, mais la vie va n’avoir de cesse de le pousser dans la mauvaise direction.

Il est la première victime de son histoire dans une série qui parvient à faire durer le suspense et à préserver ses rebondissements. Malgré cela, il est difficile de savoir si oui ou non, Better Call Saul serait une série intéressante si Breaking Bad ne l’avait pas précédée. Certains épisodes sont vraiment au-dessus des autres et on oscille assez facilement entre le comique et le dramatique tout au long de la première saison. Mais lorsque la série semble perdre un peu de son charme, une toute nouvelle facette de son histoire est révélée à travers le personnage de Chuck, le grand frère de Saul plein de surprises. D’un coup, Better Call Saul prend une dimension plus grande et plus intelligente, que ce soit sur le fond ou la forme.

 

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Gagner le coeur des fans de Breaking Bad n’est pas difficile étant donné que Better Call Saul reprend beaucoup d’éléments qui ont fait le succès de la première série. Vince Gilligan continue de faire ce qu’il sait faire de mieux, mais en partant d’une perspective complètement différente. Les enjeux sont bien moins impressionnants, mais le traitement n’est pas pour autant moins captivant. Auriez-vous aimé avoir un spin-off de Breaking Bad avec un autre personnage ?


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