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C’est le scandale pour de nombreuses banques de renommée internationale : une nouvelle enquête a révélé leur implication dans la circulation d’argent sale. Le rapport a révélé que l’affaire concerne plus de 2 000 milliards de dollars d’argent sale qui ont été blanchis plus ou moins involontairement entre 1999 et 2017.

Plus de 90 institutions financières concernées, dont la banque Société Générale

Une fuite de documents de grande ampleur a révélé qu’un grand nombre de grandes banques internationales ont permis aux oligarques, aux truands et aux criminels de blanchir de l’argent dans des transactions d’une valeur dépassant les 2 billions de dollars. C’est le site d’information Buzzfeed News qui a rassemblé les 2 100 « rapports d’activités suspectes » (RAS – SAR en anglais) communiqués par des banques et autres institutions financières. Une vaste enquête menée par 108 médias internationaux de 88 pays, dont Le Monde et Radio France, a abouti à des rapports qui ont été soumis au Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du département américain du Trésor, ainsi qu’au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

L’analyse de l’ICIJ a confirmé que des transactions suspectes ont été réalisées par des banques comme JP Morgan Chase, HSBC, Standard Chartered, Deutsche Bank, Bank of New York Mellon et environ 90 autres institutions financières entre 1999 et 2017. La France n’a pas été épargnée par l’enquête puisque l’entreprise française Société Générale a été citée parmi les banques concernées, a rapporté le magazine d’actualité Marianne. À noter que ces RAS ne sont pas nécessairement des preuves d’actes répréhensibles. Mais l’ICIJ a tenu à préciser que les documents divulgués ne représentaient qu’une infime partie des rapports déposés auprès du FinCEN, incriminant ces grandes banques internationales.

Des banques qui peinent à admettre leur faute

Le plus important concernant cette affaire, c’est que les banques sont tenues de déposer des rapports d’activité suspecte auprès des autorités responsables dans les 30 à 60 jours suivant la connaissance de la transaction douteuse. Selon la loi, elles doivent également savoir qui sont leurs clients – et en cas d’activité suspecte, il ne suffit pas de déposer des RAS et de continuer à effectuer des transactions avec de l’argent potentiellement sale dans l’attente que les autorités traitent le problème. En effet, si les banques n’ont pas des preuves d’activités criminelles – mais juste des soupçons sur le sujet – elles sont tout de même dans l’obligation de suspendre les transactions.

Hélas, il semblerait que la plupart ne l’aient pas fait. « Les profits des guerres meurtrières contre la drogue, des fortunes détournées des pays en développement et des économies durement gagnées volées dans le cadre d’une pyramide de Ponzi ont tous pu entrer et sortir de ces institutions financières, malgré les avertissements des propres employés des banques », a noté le rapport de l’enquête. Ces fichiers montrent comment « les plus grandes banques du monde ont permis à des criminels de déplacer de l’argent sale à travers le monde », a également ajouté la BBC. À noter que les 2 100 dossiers répertoriés dans la fuite FinCEN représentent moins de 0,02 % des 12 millions de rapports envoyés par les banques entre 2011 et 2017.

Face au scandale, certaines des banques concernées ont tenu à se défendre. De son côté, la Banque HSBC a rejeté les accusations en affirmant qu’elle avait toujours respecté ses obligations légales en signalant les personnes ou les activités suspectes. HSBC a également affirmé que les documents mentionnés par l’enquête sont antérieurs à 2012, année à laquelle la banque a commencé à adopter une nouvelle politique de lutte contre la criminalité bancaire. Pour sa part, la Deutsche Bank a affirmé que c’étaient déjà des faits bien connus des régulateurs et que le rapport reflète plus les défaillances des institutions de régulation. En ce qui concerne la Société Générale, la banque a refusé de commenter l’affaire.

Pour l’instant, les conséquences de l’affaire FinCEN Files sur les banques concernées, les autorités de régulations, mais aussi sur les divers gouvernements restent floues ; mais les enquêtes et les discussions continuent, et cela reste donc une affaire à suivre.

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