Alors que différentes approches sont actuellement explorées pour combattre le cancer, une équipe de chercheurs indiens a conçu un bandage magnétique qui s’est révélé capable de tuer les cellules tumorales du cancer de la peau lors d’expériences menées sur des souris. Explications.

Un procédé prometteur

Ces dernières années, les nanoparticules ont fait l’objet de nombreuses recherches dans le domaine de la lutte contre le cancer. Grâce à une technique émergente connue sous le nom d’hyperthermie magnétique, les scientifiques sont en mesure d’acheminer ces dernières sur le site de la tumeur, puis de les activer à l’aide d’un champ magnétique alternatif, ce qui entraîne leur échauffement et permet d’éliminer les cellules cancéreuses environnantes.

Jusqu’à présent, ces nanoparticules étaient injectées directement dans la tumeur, ou s’y frayaient un chemin par groupes. Mais dans le cadre de travaux présentés dans la revue Cancer Reports, des scientifiques de l’Institut indien des sciences ont démontré qu’elles pouvaient également être appliquées simplement sur l’épiderme, sous la forme d’un bandage non invasif, afin de traiter le cancer de la peau.

Les nanoparticules magnétiques utilisées ont été créées grâce à l’électrofilage, une technique où les matériaux sont tractés par un champ électrique afin de créer des fibres microscopiques. Constituées d’un mélange d’oxyde de fer et d’un polymère biodégradable, les nanoparticules en résultant ont ensuite été collées sur une bande chirurgicale pouvant ensuite être chauffée par un champ magnétique.

— CI Photos / Shutterstock.com

Tuer les cellules cancéreuses de l’épiderme sans nuire aux cellules saines

Testé sur des lignées de cellules cancéreuses humaines in vitro, le bandage chauffé a permis de les éliminer avec succès. La technologie a ensuite été appliquée sur des souris atteintes d’un cancer de la peau induit artificiellement, où elle a également tué les cellules cancéreuses, tout en laissant les tissus sains indemnes, sans aucune trace de brûlure ou d’inflammation.

« La température élevée sur le site de traitement permet à la chaleur de pénétrer dans les cellules tumorales, rompant ainsi le réseau vasculaire compact et aléatoire des tumeurs », détaille Shilpee Jain, auteur principal de l’étude. « À l’inverse, les cellules saines, en raison de leurs vascularisations ouvertes et organisées, dissipent la chaleur afin de maintenir des températures normales, et restent donc indemnes. »

Bien que ces premiers résultats soient prometteurs, l’équipe note que la technologie se trouve à un stade précoce de développement, et que des recherches supplémentaires seront nécessaires avant d’envisager un usage clinique. Dans les mois qui viennent, ceux-ci prévoient de tester leur approche sur des animaux de plus en plus massifs.

« D’autres études seront nécessaires afin de tester l’efficacité de cette nouvelle méthode de traitement à plus grande échelle sur des lapins, des chiens et des singes avant de l’employer pour des applications précliniques et cliniques », conclut Jain.

— Evgeniy Kalinovskiy / Shutterstock.com

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