— Raymond Cassel / Shutterstock.com

Des astronomes ont récemment mis en évidence la baisse de luminosité spectaculaire de Bételgeuse, supergéante rouge dans la constellation d’Orion, à l’aide du Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral. Des nouvelles images étonnantes qui témoignent du déclin de l’étoile, à tel point que certains se demandent si une supernova ne va pas avoir lieu.

Deux scénarios privilégiés par les chercheurs

Véritable point de repère pour les astronomes, Bételgeuse a commencé à s’affaiblir à la fin de l’année dernière. Actuellement, l’astre est à environ 36 % de sa luminosité normale, un changement perceptible même à l’œil nu. Afin de comprendre cet affaiblissement sans précédent, une équipe dirigée par l’astronome Miguel Montargès, de l’université catholique de Louvain (Belgique), scrute l’étoile à l’aide du VLT depuis décembre 2019. Et ces observations ont donné lieu à un cliché étonnant de sa surface, pris en lumière visible à l’aide de l’instrument SPHERE. Comparé à une image prise avant que la supergéante rouge ne commence à s’affaiblir, celui-ci témoigne des changements que connait l’étoile, tant au niveau de sa luminosité que de sa forme apparente (voir tweet ci-dessous).

Comme toutes les supergéantes rouges, Bételgeuse se changera un jour en supernova – explosion très lumineuse marquant la fin d’une étoile – mais les astronomes ne pensent pas que ce soit actuellement le cas. « Les deux scénarios sur lesquels nous travaillons sont un refroidissement de la surface dû à une activité stellaire exceptionnelle ou une éjection de poussière en direction de l’objectif du télescope », explique Montargès. « Bien évidemment, nos connaissances sur les supergéantes rouges restent incomplètes, et comme il s’agit d’un travail en cours, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise », poursuit le scientifique.

Comprendre la raison de la perte de masse des supergéantes rouges

Ce n’est évidemment pas un hasard si le choix de Miguel Montargès et son équipe s’est porté sur le VLT afin d’étudier cette étoile située à plus de 700 années-lumière de la Terre. « L’Observatoire de Paranal de l’ESO est l’une des rares installations capables d’imager la surface de Bételgeuse », explique le chercheur. Les instruments qui l’équipent permettent en effet d’effectuer des observations sur une large gamme de longueurs d’onde s’étendant du visible à l’infrarouge moyen, offrant aux astronomes la possibilité d’observer à la fois la surface de Bételgeuse et la matière située en périphérie.

Une autre image, obtenue avec l’instrument VISIR du VLT (voir animation ci-dessous), montre la lumière infrarouge émise par la poussière entourant Bételgeuse en décembre 2019. Ces observations ont été faites par une équipe dirigée par Pierre Kervella de l’Observatoire de Paris en France qui a expliqué que la longueur d’onde de l’image est similaire à celle détectée par les caméras thermiques. Les nuages de poussière, qui ressemblent à des flammes sur le cliché capturé par VISIR, se forment lorsque l’étoile rejette sa matière dans l’espace.

« Au cours de leur existence, les supergéantes rouges comme Bételgeuse produisent et expulsent d’importantes quantités de matière avant même d’exploser en supernova. La technologie actuelle nous permet d’étudier ces objets situés à des centaines d’années-lumière de la Terre avec une précision sans précédent, qui nous offre l’opportunité de comprendre la raison de leur perte de masse », conclut la chercheuse Emily Cannon, ayant travaillé sur les images de supergéantes rouges acquises par SPHERE.

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Les images qui nous parviennent de Bételgeuse ont mis 700 ans pour parvenir jusqu’à nous.
Ce que nous voyons s’est passé pendant notre Moyen Age.