Le palais royal londonien subit une modernisation massive de ses réseaux techniques. Des ouvriers soulèvent des dizaines de milliers de planches anciennes. Pourtant, cette rénovation révèle surtout les coulisses méconnues de la monarchie grâce à des trouvailles banales.

Le chantier colossal de cinq cents millions de dollars renouvelle les réseaux vétustes de la demeure royale
Le duc de Buckingham bâtit la demeure initiale en 1703. Plus tard, le roi George III acquiert ce vaste domaine en 1761. Son fils George IV transforme ensuite la propriété avec faste dès 1820. Enfin, la reine Victoria installe le pouvoir royal dans ce palais en 1837.
Cependant, le palais accumule des pannes techniques très graves au fil des décennies. Les réseaux électriques menacent même la sécurité du bâtiment historique. La famille royale lance alors une rénovation de 433 millions d’euros en 2017. Cette enveloppe finance le remplacement des tuyaux posés dans les années 1950.
Les artisans travaillent donc aile par aile pour maintenir les activités officielles. Dans l’aile est, les ouvriers retirent exactement 47 000 lames de parquet. L’apprenti menuisier Ryan Upton documente chaque pièce de bois numérotée. Parallèlement, les équipes extraient de vieux câbles en caoutchouc indien vulcanisé.
Les archives retrouvées révèlent la précision militaire imposée lors des réceptions officielles d’Elizabeth II
Sous ces planchers, les ouvriers découvrent un document dactylographié de 1977. Ce protocole organise une soirée diplomatique pour le jubilé d’argent d’Elizabeth II. Le texte impose ainsi à la souveraine une marche dans le sens des aiguilles d’une montre.
La cour royale applique une discipline de fer lors de cette fête. Les consignes officielles interdisent d’ailleurs formellement le tabac aux invités. Puis le personnel distribue les boissons uniquement entre 21h30 et 22 heures. Rien n’échappe à cette organisation millimétrée.
Des paquets de cigarettes aux billets de jeux les ouvriers déterrent les petites habitudes du personnel royal
Ces trouvailles illustrent aussi les loisirs des employés au fil des décennies. Les ouvriers dénichent par exemple un extrait du London Evening Standard daté de 1889. Ce papier détaille les spectacles des théâtres du West End londonien. Enfin, un paquet de cigarettes Silk Cut émerge sous les lattes.
Un formulaire des Littlewoods Football Pools de 1957 rappelle les paris sportifs. De même, un billet d’avril 1949 donnait accès à une soirée de whist. Enfin, une page de 1966 raconte le vol de train mené par Bruce Reynolds.
Les artisans exhument également des objets personnels abandonnés sous les lattes. Ils récupèrent une paire de bottes noires sans lacets d’origine inconnue. Une chope en étain et des cartes de Noël complètent cet ensemble singulier. Des carreaux de cheminée victoriens enrichissent enfin ces trouvailles fortuites.
La fin prochaine du grand chantier confirme le rôle protocolaire de la demeure sans loger le couple souverain
Malgré l’ampleur de ces travaux modernes, le roi Charles III refuse d’emménager dans les lieux. Le monarque britannique préfère résider à Clarence House avec son épouse Camilla. En revanche, Buckingham Palace conserve sa vocation pour les banquets d’État et les cérémonies.
Selon la BBC, les ouvriers achèvent ce vaste chantier au mois de mars. Ces travaux techniques protègent désormais le bâtiment contre les risques graves d’incendie. Ainsi, ces reliques sauvent de l’oubli la mémoire intime de la cour britannique.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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