— joshimerbin / Shutterstock.com

À l’issue d’une descente spectaculaire de sept minutes, le rover de la NASA a atterri sans encombre dans le cratère martien de Jezero, large de 45 kilomètres, et a envoyé ses premières images quelques minutes plus tard.

Un long périple

Bien que la NASA ait connu une série d’atterrissages réussis sur Mars ces dernières années, de telles missions se révèlent périlleuses, avec un taux d’échec extrêmement élevé. Intervenu le 18 février à 21h55, celui de Perseverance a été particulièrement éprouvant pour les ingénieurs de la NASA car l’appareil utilisait un nouveau système de navigation qui, s’il fonctionnait, lui permettrait de se poser dans une zone beaucoup plus réduite que celle prévue pour l’atterrissage de Curiosity.

Le périple de 471 millions de kilomètres pour rallier la planète rouge avait débuté le 30 juillet 2020 pour Perseverance, alors enfermé dans sa coque protectrice et relié à l’étage de croisière (Stage Cruise) l’alimentant en carburant. Les signaux radio émis par l’engin mettant plusieurs minutes à atteindre la Terre, en raison de l’immense distance la séparant de ce dernier, l’ensemble des manœuvres ont été effectuées de façon autonome. Les membres du centre de contrôle installé en Californie étant réduits au rôle d’observateurs passifs, lisant les télémesures provenant directement de Perseverance ou relayées par d’autres appareils en orbite autour de Mars.

Perseverance s’approchant lentement de la surface de Mars — © NASA / JPL-Caltech

Atterrissage millimétré

Dix minutes avant d’atteindre l’atmosphère martienne, l’étage de croisière se détachait du vaisseau, qui la pénétrait à une vitesse de 19 500 km/h à 21h48, guidé par de petits propulseurs permettant de l’orienter idéalement. À mesure que l’atmosphère devenait plus épaisse, l’enveloppe particulière de l’appareil permettait de le diriger efficacement vers le site d’atterrissage.

À 21h49, le bouclier thermique atteignait une température de 1 300 °C alors qu’il décélérait, passant d’une vitesse hypersonique à une vitesse supersonique. Le parachute supersonique se déployait à 21h52 et le bouclier thermique était largué 20 secondes plus tard. Le radar d’atterrissage et le système de navigation visuelle (surveillant le terrain en dessous et fournissant des données à l’ordinateur de bord pour une trajectoire d’atterrissage optimale), se mettaient alors en marche.

Deux minutes plus tard, la coque arrière de l’appareil se détachait et Perseverance et la grue volante Sky Crane tombaient en chute libre jusqu’à ce que les propulseurs d’atterrissage de cette dernière ne se déclenchent. En moins d’une minute, les deux engins se retrouvaient en vol stationnaire au-dessus de la surface martienne. Après avoir déposé délicatement le rover au sol, la grue s’envolait pour s’écraser à une distance sûre une fois son carburant épuisé.

Schéma détaillant l’arrivée de Perseverance sur Mars — © NASA / JPL

Une mission ambitieuse visant à identifier de possibles traces de vie sur Mars

L’atterrissage réussi de Perseverance marque le début de la mission interplanétaire la plus ambitieuse jamais entreprise (avec un coût estimé à 2,4 milliards de dollars), qui se trouve également être la première à se concentrer spécifiquement sur la recherche de vie sur la planète rouge depuis le programme Viking en 1976. Celle-ci impliquera l’utilisation de différents engins spatiaux, qui permettront de rapatrier les premiers échantillons martiens sur Terre pour analyse.

Élément clé de Mars 2020, le rover à propulsion nucléaire Perseverance s’avère globalement semblable à Curiosity, mais se révèle beaucoup plus perfectionné que son prédécesseur. Celui-ci embarque 59 kilos de nouveaux instruments scientifiques (incluant un dispositif expérimental transformant le CO2 en oxygène) ainsi qu’Ingenuity, un hélicoptère autonome qui se trouve être le premier aéronef jamais envoyé sur une autre planète.

Photo de la roue avant droite du rover, prise juste après son atterrissage — © NASA / JPL-Caltech
Le paysage désolé du cratère de Jezero, avec une crête visible au loin. Il s’agit du cliché le plus détaillé jamais pris à la surface de la planète rouge — © NASA / JPL-Caltech

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DOMINIQUE GUILLEMENT

par les temps qui court c’est de l’argent foutu en l’air!