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Pas si aride : un animal inattendu vivait dans le désert d’Atacama il y a 9 millions d’années

Ces découvertes bouleversent notre vision de « l’endroit le plus ensoleillé au monde »

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— PositiveTravelArt / Shutterstock.com

L’Atacama est souvent présenté comme « le plus vieux désert du monde », avec des conditions arides persistant depuis 40 millions d’années. Une idée remise en question par la découverte d’une dent fossilisée d’un proche parent du capybara.

Épopée migratoire préhistorique

Datée d’environ 8,8 millions d’années, cette molaire préhistorique appartient au genre éteint Cardiatherium, un proche parent du capybara, le plus grand rongeur actuel, connu pour évoluer dans les environnements semi-aquatiques du bassin amazonien, où il partage notamment son habitat avec des crocodiliens.

Aujourd’hui trop sec pour ces mammifères plutôt paisibles, le désert d’Atacama est également séparé des plaines amazoniennes par une barrière naturelle plutôt imposante : les Andes. Ce qui rend la découverte du fossile, à Bahia Inglesa, sur la côte chilienne, d’autant plus intrigante.

À ce stade, deux scénarios sont envisagés pour expliquer la présence passée de ces rongeurs dans la région : une dispersion à travers les Andes au cours du Miocène, qui a débuté il y a environ 23 millions d’années, ou une topographie alors bien moins accidentée et des environnements et conditions climatiques favorables.

Le second scénario implique un « continuum d’habitats connectés » ayant permis aux capybaras de s’établir progressivement jusqu’à l’Atacama, avec une aire de répartition maximale s’étendant du nord-ouest de l’Amazonie à la côte pacifique sud-américaine.

Capybara
Image d’illustration — Zigres / Shutterstock.com

Preuves végétales

Selon Priscilla Martinez, chercheuse à l’université d’Arizona et co-auteure de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports, cette dernière hypothèse est appuyée par des restes végétaux fossilisés, ou phytolithes, indiquant que la végétation de Bahia Inglesa était notamment composée de palmiers.

« Il faut imaginer une région sillonnée par des rivières et parsemée d’étendues d’eau douce, avec une composition végétale propice au maintien d’importantes populations d’animaux semi-aquatiques », illustre la chercheuse.

Dans l’ensemble, ces découvertes suggèrent un climat nettement plus chaud et humide pour l’Atacama il y a neuf millions d’années, bouleversant notre vision de l’histoire de ce désert sud-américain.

Précédemment, c’est une biosphère vieille de 19 000 ans qui avait été découverte sous le désert d’Atacama.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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