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Des chercheurs du Centre national des sciences spatiales de Chine ont récemment déterminé que l’impact simultané d’une vingtaine de fusées permettrait de s’assurer qu’un astéroïde massif, susceptible d’annihiler la vie terrestre, ne frappe notre planète.

Un impact simultané pour modifier la trajectoire de l’astéroïde

Bien que la probabilité qu’un astéroïde entre en collision avec la Terre s’avère relativement faible, un certain Bennu, mesurant plus de 500 mètres de diamètre, s’est récemment retrouvé au cœur de différentes simulations. Ces dernières ont montré qu’une frappe coordonnée de 23 fusées Longue Marche 5 (pesant 900 tonnes chacune) dévierait la trajectoire de l’astéroïde de près de 9 000 kilomètres, soit 1,4 fois le rayon de la Terre.

Bennu est un astéroïde de type B, ce qui signifie qu’il contient beaucoup de carbone ainsi que divers autres minéraux, s’étant formés il y a plus de 4,5 milliards d’années. Entre 2175 et 2199, celui-ci s’approchera à 7,5 millions de kilomètres de l’orbite de la Terre et sera classé comme potentiellement dangereux. Bien que la probabilité que la roche spatiale percute notre planète ne soit que de 1 sur 2 700, ce risque s’avère suffisant pour inquiéter les scientifiques, en raison des dommages cataclysmiques que l’astéroïde pourrait causer.

Une énorme quantité d’énergie cinétique serait nécessaire pour le dévier, mais l’énergie nucléaire risquerait de briser Bennu en fragments susceptibles de heurter la Terre. L’envoi de plusieurs fusées, qui devraient voyager pendant trois ans avant d’atteindre leur cible, constitue donc une option plus judicieuse.

La NASA a déterminé que l’humanité n’avait actuellement aucune possibilité d’empêcher un astéroïde massif de frapper la Terre si sa détection intervenait six mois seulement avant l’impact — ImageBank4u / Shutterstock.com

Le carburant qui ne serait pas utilisé lors du lancement de la fusée pourrait donner une poussée supplémentaire, tout en augmentant la masse totale de l’engin, rendant ainsi la manœuvre de déviation plus efficace. Selon les chercheurs, les fusées existantes ne nécessiteraient que quelques modifications mineures, comme l’ajout de propulseurs, pour être prêtes pour la mission.

Des missions impliquant une détection (très) précoce

Les États-Unis envisagent également une mission similaire. Baptisée HAMMER (Hypervelocity Asteroid Mitigation Mission for Emergency Response), celle-ci impliquerait l’envoi de davantage de matériel dans un délai plus court (deux ans seulement seraient nécessaires pour que celui-ci atteigne l’astéroïde).

Toutefois, un tel plan se révèlerait plus coûteux et sa préparation demanderait plus de temps. Les États-Unis devraient découvrir l’astéroïde 25 ans avant une éventuelle collision, quand la mission chinoise nécessiterait un délai d’une décennie seulement.

Fin 2020, la sonde spatiale de la NASA Osiris-Rex était parvenue à collecter des échantillons de Bennu. Celle-ci avait plané au-dessus de l’astéroïde et utilisé un bras articulé de trois mètres de long pour prélever des fragments de roche spatiale. L’appareil et sa précieuse cargaison devraient faire leur retour sur Terre courant 2023.

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