— Cathy Keifer / Shutterstock.com

Des scientifiques italiens ont récemment observé l’étonnant stratagème mis en place par de minuscules araignées pour piéger des proies pouvant peser plusieurs dizaines de fois leur poids.

Une technique de capture sophistiquée

Les araignées peuvent s’attaquer à des créatures beaucoup plus massives qu’elles, notamment des lézards. Afin d’empêcher ces proies massives de s’enfuir, celles-ci utilisent leurs toiles comme poulies pour les soulever et les maintenir en suspension au-dessus du sol. Dans le cadre de travaux présentés dans le Journal of the Royal Society Interface, des chercheurs de l’université de Trente (Italie) ont pu documenter cette étonnante technique chez Theridiidae, type d’araignée le plus courant dans nos maisons.

Grâce à une caméra vidéo à haute vitesse, Gabriele Greco et Nicola Pugno ont observé cinq spécimens de Theridiidae emprisonner des cafards jusqu’à 50 fois plus massifs qu’elles. Les arachnides semblaient utiliser leur propre poids pour tendre les fils de soie avant de les attacher à leurs victimes, et répétaient l’opération jusqu’à ce que ces dernières quittent le sol.

« Tous ces fils finissent par créer suffisamment de tension, et c’est à ce moment là que l’araignée gagne », explique Greco. « Une fois que leur proie a quitté le sol et que celui-ci se révèle hors d’atteinte, elle ne peut plus s’échapper. L’araignée a alors tout le loisir de la tuer et de la dévorer. »

Séquence vidéo montrant un spécimen de Theridiidae à l’œuvre

« La soie utilisée pour soulever la proie est très solide, comparable à de l’acier »

Les chercheurs ont découvert que la soie ne s’étirait pas beaucoup pendant le hissage, probablement parce que les araignées l’avaient déjà « détendue » avant de l’attacher à leur proie. Cela permettait aux fils d’encaisser d’importantes contraintes lorsque les cafards se débattaient, au lieu de s’affaisser en permanence.

« La soie utilisée pour soulever la proie est très solide, comparable à de l’acier, mais elle est aussi élastique que la soie normale que vous utiliseriez pour faire des vêtements », souligne Greco.

« Ce qui est intéressant, parce qu’on ne s’attend pas à ce qu’un animal relativement simple utilise des outils aussi sophistiqués pour piéger ses victimes. Cela pourrait permettre aux araignées d’avoir un impact démesuré sur leurs écosystèmes, en mangeant toutes sortes de petits animaux, plutôt que de se contenter uniquement d’insectes », conclut le chercheur.

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