animaux vocalisation
— Kurit afshen / Shutterstock.com

De récentes analyses ont montré que de nombreuses espèces animales supposées « muettes » étaient en fait capables de vocaliser, impliquant que cette capacité soit apparue chez un ancêtre unique il y a plus de 400 millions d’années.

Des analyses révélatrices

Désignant spécifiquement des sons que les animaux produisent avec leur bouche en expirant l’air stocké dans leurs poumons, les vocalisations leur permettent de communiquer un large éventail de messages à leurs congénères et aux autres espèces. Ils peuvent chanter pour attirer des partenaires, crier pour avertir leurs alliés de la présence de prédateurs, grogner pour effrayer leurs rivaux, voire imiter les humains.

Si ces sons sont assez bien étudiés chez de nombreux groupes d’animaux, notamment les mammifères, les oiseaux et les grenouilles, on estimait jusqu’à présent que la plupart des autres espèces étaient incapables de vocaliser.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature Communications, des chercheurs de l’université de Zurich ont enregistré et observé les vocalisations de cinquante espèces de tortues et de trois autres clades de vertébrés supposés muets : les dipneustes, les tuataras ( reptiles endémiques de Nouvelle-Zélande) et les caeciliens (amphibiens semblables à des anguilles).

Les chercheurs ont enregistré les vocalisations de tuataras, supposés muets — © Gabriel Jorgewich Cohen / University of Zurich

« Ces résultats, ainsi qu’un vaste ensemble de données issues de la littérature scientifique et couvrant 1 800 espèces différentes, montrent que la communication vocale est non seulement répandue chez les vertébrés terrestres, mais également chez plusieurs groupes précédemment considérés comme non vocaux », détaille Gabriel Jorgewich-Cohen, auteur principal de l’étude.

Un ancêtre unique et bavard

L’équipe a ensuite dressé une carte de la communication vocale à travers l’arbre généalogique des vertébrés. Alors que des études antérieures avaient conclu que ce trait était relativement éparse dans l’arbre et avait évolué plusieurs fois chez différentes espèces, les chercheurs suisses ont découvert qu’elle ne l’avait fait qu’à une seule reprise et possédait une origine unique.

« Il s’agit d’un trait commun à ces animaux, remontant à minima à leur dernier ancêtre commun qui vivait il y a 407 millions d’années environ », souligne Marcelo Sánchez, co-auteur de l’étude. « Contrairement à ce que l’on estimait jusqu’à présent, nos résultats montrent maintenant que la communication acoustique n’a pas évolué plusieurs fois dans divers clades, mais a une origine évolutive commune et ancienne. »

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