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Afin de survivre, les animaux sont parfois prêts à tout. En effet, saviez-vous que le Mnemiopsis leidyi, un organisme marin gélatineux invasif, se nourrit de ses enfants afin de survivre dans les eaux froides de la mer Baltique. Un comportement des plus surprenants que viennent de découvrir des chercheurs allemands et danois.

Se nourrir de sa progéniture afin de survivre. Voilà le surprenant comportement des Mnemiopsis leidyi, une des 150 espèces de cténaires, organismes gélatineux de moins de dix centimètres similaires aux méduses mais qui se différencient du fait qu’ils sont hermaphrodites et qu’ils possèdent des dards collants et urticants. Cette espèce animale est originaire de la côte atlantique des États-Unis et réside depuis maintenant une quarantaine d’années dans les eaux européennes, notamment en mer Baltique. 

C’est une équipe de chercheurs de l’université du Danemark du Sud et du Max Planck Institute allemand qui vient de découvrir que ces animaux marins font preuve de cannibalisme pour survivre. « Nous avons associé une étude des dynamiques de population de ces espèces avec des essais de nourrissage en laboratoire et l’utilisation de traceurs géochimiques pour démontrer pour la première fois que ces cténaires mangent bien leur progéniture », a rapporté Jamileh Javidpour, chercheur à l’université du Danemark du Sud et auteur principal de cette étude. 

Grâce à leurs recherches, les scientifiques sont donc parvenus à expliquer pourquoi les Mnemiopsis leidyi adultes produisent davantage d’oeufs au début de l’hiver, soit lorsque la nourriture se fait plus rare et lorsque les conditions climatiques sont défavorables. Ces animaux ne cherchent pas à se reproduire mais plutôt à fabriquer davantage de nourriture pour survivre l’hiver. Cela leur permet alors de faire des réserves suffisantes pour vivre jusqu’à 80 jours dans une eau à 3 °C. « En quelque sorte, la population entière agit comme un seul organisme avec les plus jeunes aidant les adultes à traverser la période de disette », a ajouté Thomas Larsen, chercheur au Max Planck Institute et co-auteur de l’étude.

Ces animaux marins sont également capables de produire plus de 10 000 oeufs par jour. “Le fait que les larves servent de nourriture et de réserve d’énergie pourrait expliquer pourquoi ces espèces qui produisent des blooms de millions d’œufs sont bien adaptées à des fortes variations de population à l’opposé d’autres espèces très prolifiques mais qui sont plus vulnérables à l’extinction quand les conditions de vie changent”, ont également expliqué les chercheurs.

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