anciens glaciers
Image d’illustration — Albert Russ / Shutterstock.com

Des scientifiques sud-africains ont réalisé une trouvaille géologique inattendue sous les plus grands gisements d’or au monde : les premiers dépôts glaciaires connus, s’étant formés il y a près de 3 milliards d’années.

Glaciers primitifs

Décrite dans la revue Geochemical Perspectives Letters, la découverte de ces vestiges glaciaires vieux de 2,9 milliards d’années suggère que la région était à cette époque proche des pôles, ou que la Terre ait à cette époque connu sa première ère glaciaire, lorsque les faibles concentrations atmosphériques de CO2 et de méthane ont entraîné un « effet de serre inversé ».

« Les scientifiques pensent que cela a pu se produire à quelques reprises dans un passé plus récent », estime Axel Hofmann, co-auteur de la nouvelle étude. « Si c’est le cas, il s’agirait de la première période de refroidissement planétaire enregistrée. L’une ou l’autre de ces possibilités est scientifiquement intéressante. »

Outre les preuves physiques des moraines glaciaires fossilisées (débris laissés par les glaciers), l’équipe a également analysé les concentrations d’isotopes de l’oxygène dans les roches anciennes, offrant un aperçu des conditions climatiques qui prévalaient lorsqu’elles se sont déposées.

anciens glaciers
— Azamat Alibayev / Shutterstock.com

« Nous avons examiné les quantités relatives de trois isotopes de l’oxygène, 16O, 17O et 18O. Il s’est avéré que ces roches présentaient des quantités très faibles de 18O et très élevées de 17O, ce qui indique qu’elles se sont formées à des températures glaciales », explique Ilya Bindeman, également co-auteur de l’étude. « Si l’on associe cette preuve géochimique à celle des moraines, on obtient les plus anciens glaciers jamais découverts sur Terre. »

Un changement drastique du climat terrestre

Selon Hofmann, le fait que la découverte ait été réalisée sous les plus grands champs aurifères de la planète suggère que le passage d’un climat glaciaire à un climat chaud a contribué à la formation de ces gisements. Ce que de futurs travaux pourraient confirmer.

« L’analyse des isotopes triples de l’oxygène pourrait ouvrir de nouvelles voies pour trouver des preuves de la glaciation de la Terre primitive, avec des découvertes de ce type introduisant de nouvelles lignes de questionnement et d’investigation concernant le climat passé de la Terre », conclut-il.

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