Elle fut surnommée l’Ogresse victorienne ou encore l’Ogresse de Reading. Amelia Dyer est sans aucun doute l’une des « fermières de bébés » les plus célèbres dans le monde. Cette femme née à l’époque victorienne aurait étranglé entre 200 et 400 bébés qui lui ont été confiés.

L’Angleterre victorienne : une époque puritaine

L’époque victorienne (1837-1907) britannique marque l’apogée de l’industrialisation, mais aussi de l’émergence de nouvelles classes sociales et de la pauvreté. A cette époque, l’Angleterre est aussi très puritaine. En effet, les femmes ayant des enfants illégitimes sont rejetées par la société et n’avaient que très peu de choix. En effet, les risques lors des avortements étaient non négligeables, l’avortement était un crime et l’abandon illégal. De ce fait, le plus simple était de confier son enfant à une fermière de bébés. Des sages-femmes ou même infirmières qui, contre rémunération, s’occupaient d’enfants ou les faisaient adopter. Il arrivait aussi qu’elles s’occupent de la mère avant son accouchement, pour cacher sa grossesse. Une profession très lucrative pour la fermière, puisqu’elle était payée par la mère ou sa famille, et par les parents souhaitant adopter.

De fermière de bébés à tueuse en série

Amelia Elizabeth Dyer habitait à Reading, à une soixantaine de kilomètres de Londres. Elle avait reçu une formation d’infirmière auprès d’une sage-femme, et savait donc s’occuper de nouveau-nés. A la mort de son époux, et ayant un enfant à charge, elle eut l’idée de devenir fermière de bébés. Pour cela, elle publia de nombreuses petites annonces dans des journaux, se présentant comme une femme respectable, mariée et mère. Mais Amelia Dyer se rendit vite compte qu’il était plus rentable de se débarrasser des enfants, que d’utiliser ce qu’elle gagnait pour les nourrir.

En somme, Amelia Dyer ne s’occupe plus du tout des enfants qui souffrent de malnutrition, et les drogue. Faignant la tristesse lorsque les médecins arrivaient pour constater le décès d’un enfant, Amelia Dyer tua de nombreux enfants. En 1879, un médecin inquiet du nombre de décès la signala aux autorités. Mais Amelia Dyer ne fut condamnée qu’à six mois de travaux forcés pour négligence. A sa libération, celle qui sera surnommée « l’Ogresse de Reading » continua sa profession de fermière de bébés, mais aussi les infanticides.

June 10, 1896London, England Amelia Dyer is hanged for the murder of a 4-month-old girlDyer was a "baby farmer," a…

Publiée par Today in Horror History sur Dimanche 10 juin 2018

En effet, elle réalisa que le fait d’appeler un médecin pour constater la mort des enfants était une erreur. De ce fait, elle changea de schéma : elle étranglait les enfants dès qu’ils lui étaient confiés, et elle se débarrassait elle-même des corps en les enveloppant dans du tissu, et les jetait dans la Tamise. D’ailleurs, elle déménageait souvent et changeait de nom pour que la police ne la retrouve pas.

L’Ogresse de Reading, la meurtrière de près de 400 enfants

Seulement, le 10 avril 1896, un marchand flottant repêche le corps de la petite Doris Marmon, 4 mois, et d’Harry Simmons, un an, étranglés et enveloppés dans du tissu. Ces deux meurtres faisaient écho à un autre meurtre : celui d’Helena Fry, 15 mois, étranglée, enveloppée et jetée dans la Tamise. Son corps fut retrouvé le 30 mars 1896, sur le tissu se trouvait le nom de Mrs Thomas, et une adresse, celle d’Amelia Dyer.

La police va alors tendre une embuscade à Amelia Dyer, fouiller son logement et découvrir de nombreuses preuves : des mètres de couturière dont Amelia se servait pour étrangler les enfants, des télégrammes sur les adoptions, des lettres des mères qui cherchaient leur enfant, etc. Puis, la police découvrit six autres cadavres d’enfants qui portaient une marque blanche autour du cou dans la Tamise. De plus, une vingtaine d’enfants, qui étaient à sa charge, ont été déclarés disparus.

Malgré le fait qu’Amelia Dyer avoua de nombreux meurtres, elle ne sera condamnée que pour un seul. Bien qu’Amelia Dyer ait tenté de plaider la folie, il aura fallu au jury moins de cinq minutes pour condamner Amelia Dyer à mort. Peu de temps avant sa mort, elle rédigea cinq cahiers de confessions confiés à un prêtre dans lesquels elle avoue avoir eu du plaisir à tuer. Le nombre de victimes d’Amelia Dyer est estimé entre 200 et 400.

Le cas d’Amelia Dyer alerta les autorités sur les fermes de bébés. De plus, de nouvelles lois sur les adoptions ont été mises en place pour protéger les enfants.

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