Consommer trop d’alcool augmente drastiquement les risques d’être atteint de démence

L’alcool doit être consommé avec modération car il peut causer dépendances et troubles physiques. Cependant, il peut aussi être à l’origine de démences. C’est ce que démontre une nouvelle étude menée dans les hôpitaux français nous expliquant qu’une consommation excessive peut engendrer des troubles forts comme la maladie d’Alzheimer.

L’ALCOOL LIÉ À LA DÉMENCE ?

D’après l’OMS, environ 47 millions de personnes souffrent de démence dans le monde. Si la démence peut trouver son origine dans divers éléments, une étude publiée dans The Lancet Public Health explique qu’elle peut plus facilement apparaître chez les personnes consommant trop d’alcool.

Boire régulièrement comporte déjà des risques pour la santé mais si un homme consomme plus de 60 g d’alcool pur (soit 6 verres) et si une femme boit plus de 40 g par jour (soit 4 verres), ils peuvent développer une forme de démence précoce, c’est-à-dire survenant avant l’âge de 65 ans. Celle-ci entraîne des effets négatifs sur la santé cognitive.

DES CHIFFRES INQUIÉTANTS

Afin de se faire une idée précise de l’impact de l’alcool sur l’apparition de la démence précoce, les chercheurs ont analysé en détail les informations provenant du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information. Ce programme très complet réunit et renseigne toutes les causes d’hospitalisation en France sur une année.

En 5 ans (de 2008 à 2013), 1.109.343 personnes ont été diagnostiqués comme atteints de démence. Plus de 57 000 personnes souffraient de démence précoce et l’alcool jouait un rôle majeur dans une majorité des cas. 39 % d’entre eux souffraient de dommages cérébraux liés à cette surconsommation et 18 % des patients buvaient trop d’alcool.

« Nous pensons que l’alcool pourrait précipiter la survenue de ces maladies et accélérer leur progression en augmentant les dommages structurels et fonctionnels dans le cerveau. Les troubles liés à la consommation d’alcool sont probablement associés à une mauvaise alimentation et à un mode de vie, au tabagisme, à la comorbidité cardiovasculaire, à une plus faible observance des traitements médicaux, à la dépression et à l’isolement social possible », d’après les auteurs de l’étude.

RÉDUIRE SA CONSOMMATION PEUT-IL DIMINUER LE RISQUE

Le développement de la démence pouvant être rattaché à une consommation excessive d’alcool, on pourrait croire que boire moins réduit les chances d’être atteint de démence. L’Inserm rappelle d’ailleurs que l’alcool est considéré comme le facteur de risque modifiable le plus important « devant le tabagisme ou l’hypertension artérielle ».

Cependant, l’institut explique que « réduire une consommation importante ne permet pas nécessairement de réduire le risque de démence ou de le retarder. Les résultats de l’étude montrent que le risque de démence demeure inchangé après l’abstinence montrant que la consommation d’alcool entraîne directement des lésions cérébrales permanentes ».

Pour limiter les risques, plusieurs solutions s’offrent aux patients : le dépistage, les interventions brèves en cas de consommation excessive d’alcool et le traitement des troubles liés à la consommation d’alcool.


Le cerveau humain génère une puissance continue d’environ 20 watts

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