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Alors que les maladies auto-immunes deviennent de plus en plus fréquentes, une première étude expérimentale montre que la mise en place d’aires de jeux plus « vertes » pourrait contribuer à atténuer ce phénomène.

Améliorer le fonctionnement du système immunitaire avec des aires de jeux plus vertes

Les taux de maladies auto-immunes (diabète de type 1, maladies inflammatoires de l’intestin, sclérose en plaques), où le corps se retourne contre lui-même, sont en augmentation dans l’ensemble du monde occidental. Selon les chercheurs, cela s’explique principalement par le fait que les enfants soient exposés à beaucoup moins de microbes que par le passé. Ce qui signifie que leur système immunitaire est moins sollicité, et plus enclin à commettre des erreurs.

Bien que des études antérieures aient montré des associations statistiques entre l’exposition à la diversité et le développement d’un système immunitaire fonctionnant bien, ces nouveaux travaux publiés dans la revue Science Advances sont les premiers à impliquer une modification délibérée de l’environnement des enfants, et par conséquent à mettre en évidence un lien de cause à effet. Selon l’équipe, ceux-ci montrent qu’il est possible d’améliorer significativement le système immunitaire des enfants vivant en ville en mettant en place des aires de jeux extérieures « plus vertes » et biodiversifiées.

Menées par une équipe comprenant experts en médecine, en écologie et en urbanisme, les recherches ont porté sur 75 enfants âgés de 3 à 5 ans dans deux villes de Finlande, soit un échantillon relativement faible. Mais leurs auteurs se sont dits particulièrement surpris par les résultats obtenus, estimant qu’ils pouvaient « ouvrir la voie à de nouvelles pratiques préventives afin de réduire l’épidémie mondiale de maladies auto-immunes ».

Des bénéfices significatifs au bout d’un mois seulement

Dans les cours de quatre des dix garderies suivies, les scientifiques ont installé des petites parcelles de sols forestiers naturels, incluant divers végétaux et mousses, et ont ensuite encouragé les enfants, qui passaient quotidiennement 1h30 à l’extérieur, à jouer avec les plantes et le sol. « C’était facile, parce que cet espace était l’endroit le plus intéressant de la cour », note le chercheur Aki Sinkkonen, précisant que le coût de tels espaces s’élevait à 5 000 euros environ.

Les tests effectués au bout de 28 jours ont montré que la diversité des microbes sur la peau des enfants était supérieure d’un tiers à celle des enfants qui profitaient d’aires de jeux traditionnelles, et que celle-ci était également considérablement accrue dans l’intestin. L’analyse d’échantillons sanguins a quant à elle montré des changements bénéfiques sur une série de protéines et de cellules liées au système immunitaire, notamment les cytokines anti-inflammatoires et les lymphocytes T régulateurs.

L’ensemble des enfants suivis ont reçu les mêmes repas quotidiens, et les auteurs de l’étude ont expliqué avoir exclus des résultats la faible part recevant des suppléments probiotiques à la maison. Selon eux, le fait qu’un effet significatif ait été observé en dépit des conditions de vie diversifiées des sujets, met en évidence l’impact bénéfique sur la santé de telles zones. Dans les mois qui viennent, les scientifiques exploreront la possibilité d’améliorer la diversité microbienne chez les nourrissons afin de réduire la fréquence des maladies auto-immunes.

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