― © Illustration(s) de Virginie Maillard – bougribouillons.fr

A l’aide de son crayon, l’illustratrice Virginie Maillard explique avec tendresse qu’il peut être fâcheux d’interpréter tous les faits et gestes de son enfant à travers des yeux d’adulte. L’auteure du llog Bougribouillons nous invite à changer de vision et tente de représenter ce que l’on appelle l’adultomorphisme. De quel phénomène s’agit-il et comment y remédier ?

L’adultomorphisme

Au quotidien, nous avons souvent tendance à interpréter le comportement d’autres personnes à tort et à travers sans connaître les motivations de ces dernières. Ce type de réaction est également très répandu chez les adultes ayant dans leur entourage des enfants. Souvent, nous supposons qu’ils réagissent comme nous. Un tel réflexe s’apparente dans certains cas à de l’adultomorphisme. Ce terme fait référence à des théories de l’éducation et peut conduire à des erreurs d’analyse ou de jugement.

Certains exemples parlent d’eux-mêmes. Le sourire d’un enfant face à la colère d’un adulte est souvent perçu comme une provocation qui s’apparenterait à de l’insolence. Un changement de perspective ouvre nos oeillères d’adulte et permet de reconsidérer la situation. Il se peut en effet que ce sourire traduise un tout autre ressenti de la part de l’enfant. Bougribouillons propose en somme de perdre certaines habitudes qui peuvent être contre-productives. L’illustratrice renvoie sur son blog à deux ressources à ce sujet. Il s’agit tout d’abord du livre Guide pratique pour les pros de la petite enfance de la psychologue Héloïse Junier. En voici un extrait :

« L’adultomorphisme désigne notre tendance à nous autres, les adultes, à interpréter les comportements des enfants comme s’il s’agissait d’adultes miniatures. On les qualifie de provocateurs, pervers, manipulateurs, capricieux, vicieux, jaloux, comédiens, sadiques, calculateurs… Et la liste est longue ! « Clément me regarde dans les yeux tout en grimpant sur le fauteuil alors qu’il sait que c’est interdit : il me provoque ! », « Si Latifa vient illico presto taper l’enfant qui s’est installé sur mes genoux, c’est parce qu’elle est jalouse ! », « Marius se met à pleurer quand il me voit alors qu’il jouait tranquillement… Quel comédien ! ». On oublie que le développement intellectuel et affectif d’un enfant est bien distinct de celui d’un adulte. Et pour cause, tandis que le cerveau d’un tout-petit est au début de sa maturation (et le chemin est long, très long), celui d’un adulte est arrivé à la pleine maturité. Par ces adjectifs qui n’ont pas leur place dans la petite enfance, on vient surinterpréter les signaux que ces petits êtres énigmatiques nous adressent. Rassurez-vous, quiconque peut tomber dans l’adultomorphisme s’il n’y fait pas attention : les professionnels qui oeuvrent directement auprès des enfants, les parents, les médecins, les psychologues, les chercheurs… D’où l’importance d’avoir des connaissances aiguisées sur leur fonctionnement intellectuel et de se rappeler à l’autre de temps en temps. » Héloïse Junier

― © Illustration(s) de Virginie Maillard – bougribouillons.fr

Le cerveau des enfants et celui des adultes ne sont pas comparables

L’autrice approfondit également le sujet sur un article publié sur son site. Héloïse Junier précise entre autres que le cerveau des enfants et celui des adultes ne sont pas comparables. Si les comportements enfantins rappellent des réactions d’adulte, l’intention est, dans les premières années de vie, que rarement la même. Il est avant tout essentiel de s’interroger sur l’origine de réactions qui peuvent parfois être déconcertantes. La seconde ressource partagée par Virginie Maillard est à retrouver sur le site Papa Positive, où il est rappelé que les enfants de moins de cinq ans ne sont pas en mesure de manipuler les adultes. Il ne s’agit en réalité que d’une projection sur un comportement ou une réaction d’enfant.

Si ces conseils et ce changement de perspective sont particulièrement enrichissants, il est cependant nécessaire de rappeler que les enfants, comme toute personne, sont des êtres complexes. Pendant une longue période qui suit la naissance, une communication directe, par la parole, n’est pas possible. Beaucoup de parents font simplement de leur mieux. Il ne s’agit donc en aucun cas de rajouter une charge mentale ou de culpabiliser les jeunes parents mais bien plutôt de proposer des alternatives ou des outils peut-être encore jamais considérés auparavant. Il n’existe pas de recette magique pour une parentalité experte !

Pour suivre les travaux de Virginie, il est également possible de se rendre sur sa page Facebook ou Instagram.

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