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Malgré les avancées technologiques impressionnantes de ces dernières années, des mystères concernant le monde et l’humanité persistent. Parmi l’un de ces mystères, les scientifiques viennent récemment de découvrir qu’il existe chez l’humain moderne un ADN qui a été transmis par un ancêtre inconnu.

Une découverte importante, mais un phénomène assez courant

Une nouvelle étude – dans laquelle les chercheurs ont analysé des génomes anciens – suggère que les humains modernes portent les gènes d’un ancêtre inconnu en raison du mélange d’espèces d’hominidés il y a des centaines de milliers d’années. Selon les résultats de l’étude, publiés dans la revue PLOS Genetics, un groupe d’humains archaïques a émigré hors d’Afrique il y a environ 50 000 ans, et s’est croisé avec des Néandertaliens en Eurasie dans un phénomène appelé introgression. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont développé un algorithme pour analyser les génomes qui peuvent identifier des segments d’ADN provenant d’autres espèces.

Ce nouvel algorithme résout le problème de l’identification de minuscules restes de flux génétiques datant d’il y a des centaines de milliers d’années. Pour ce faire, la recherche, menée par les chercheurs de l’université Cornell et du Cold Spring Harbor Laboratory, a été réalisée pour analyser les génomes de deux Néandertaliens, un Denisovan et deux humains africains. Cela a été fait pour identifier des segments d’ADN provenant d’autres espèces. L’analyse a montré qu’entre 3 % et 7 % du génome néandertalien provenait d’humains anciens – probablement des Homo sapiens – et que le métissage avait eu lieu il y a 200 000 à 300 000 ans.

La recherche a également montré que 1 % du génome de Denisovan provenait d’un ancêtre inconnu. Or, d’après les analyses réalisées par les chercheurs, il est fort probable que ces gènes de sources inconnues ont été transmis à l’humain moderne. Pour l’instant, les scientifiques n’ont pas de piste pour savoir de quelle espèce ces fragments d’ADN proviennent. L’équipe soupçonne cependant qu’ils proviennent d’Homo erectus, une ancienne espèce d’hominidés qui a émergé pour la première fois il y a environ deux millions d’années. Une autre hypothèse suggère que le gène pourrait également provenir d’une lignée disparue ou absorbée par d’autres espèces plus importantes, a rapporté Live Science.

Un nouvel algorithme qui apportera plus d’informations sur l’histoire de l’humanité

Selon les chercheurs, la nouvelle recherche illustre parfaitement la complexité de l’histoire profonde de l’humanité. Mais plus important encore, elle démontre qu’il est possible de remonter très loin dans les origines de notre espèce grâce aux développements technologiques actuels et futurs. « Ce que je trouve passionnant dans ce travail, c’est qu’il démontre ce que l’on peut apprendre sur l’histoire humaine profonde en reconstruisant conjointement toute l’histoire évolutive d’une collection de séquences d’humains modernes et d’hominidés archaïques », a déclaré Adam Siepel, auteur principal de l’étude dans un communiqué.

« Ce nouvel algorithme que Melissa [Hubisz, coauteur de l’étude] a développé, ARGweaver-D, peut remonter plus loin dans le temps que toute autre méthode de calcul que j’ai vue. Il semble être particulièrement puissant pour détecter les introgressions anciennes », a-t-il ajouté. Ainsi, les chercheurs espèrent qu’ils pourront aller plus loin dans leur étude de l’introgression humaine grâce à ce nouvel algorithme. Outre les études chez les humains, l’algorithme pourrait également être utilisé pour étudier d’autres espèces qui ont subi des épisodes de métissage important.

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