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Cette plante parasite constitue probablement l’une des expériences les plus étranges de l’Évolution

Son génome se révèle similaire à celui du parasite responsable du paludisme

Balanophora fungosa — © Geoffrey Derrin / Wikimedia Commons

Elle sont coiffées de chapeaux, vivent dans les sous-bois et sont dépourvues de chlorophylle, nécessaire à la photosynthèse, pourtant il ne s’agit pas de champignons. Une étude s’est récemment penchée sur d’étranges plantes à fleur parasites.

Percer les secrets évolutifs des Balanophoras

Se fixant aux racines des arbres et « siphonnant » les précieux nutriments qu’elles absorbent, les Balanophoras se trouvent notamment dans les forêts sombres d’Afrique tropicale et d’Asie de l’Est. Afin de percer les secrets évolutifs de ces organismes végétaux plutôt fascinants, des chercheurs ont procédé au séquençage génétique de sept espèces observées au Japon et sur l’île de Taïwan.

Ils ont notamment découvert que leur génome plastidial, impliqué dans des processus métaboliques et cellulaires clés, était minuscule. Des similitudes étroites avec celui des organismes unicellulaires responsables du paludisme (Plasmodium) ont également été mises en évidence.

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue New Phytologist, cette réduction spectaculaire, étroitement liée au mode de vie des balanophoracées, se serait produite avant leur diversification, au milieu du Crétacé (il y a environ 100 millions d’années).

« Le parasitisme permet la survie et la reproduction dans des habitats peu lumineux, avec des ressources initialement dédiées à la photosynthèse détournées vers des organes souterrains », explique Kenju Suetsugu, de l’université de Kobe. « Lorsqu’une lignée devient fortement dépendante de son hôte dans des sous-bois profondément ombragés, les bénéfices du maintien du mécanisme photosynthétique diminuent mais ses coûts métaboliques restent élevés. »

Balanophora polyandra — © Knowyourland / Wikimedia Commons

Reproduction asexuée

Certaines espèces de Balanophoras ont également recours à la reproduction asexuée, ou clonage. Cette capacité à prospérer sans l’aide de pollinisateurs ou la présence de partenaires leur aurait permis de coloniser l’archipel s’étendant du Japon continental à Taïwan, en passant par l’île d’Okinawa.

Suetsugu et ses collègues prévoient d’étudier prochainement d’autres espèces de plantes parasites.

« En comparant ces lignées, nous espérons déterminer si les plantes qui ont renoncé à la photosynthèse représentent une sorte d’impasse évolutive, ou si elles explorent activement de nouvelles stratégies écologiques », conclut le chercheur.

Précédemment, des chercheurs avaient découvert un nouveau genre de plante « extraterrestre » au Japon, ne sortant de terre qu’une semaine par an.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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