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Que deviendront toutes les batteries usées des voitures électriques ?

Il s'avère que la surabondance de déchets de batteries est encore loin d'être atteinte

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— DestinaDesign / Shutterstock.com

Alors que l’essor des véhicules électriques continue de croître à un rythme effréné, une question cruciale émerge : que faire des batteries usagées ? Contrairement à l’opinion commune, actuellement, le monde fait face à une pénurie plutôt qu’à un excès de ces batteries. Bien que le problème du recyclage des batteries usées soit retardé en raison de l’amélioration de leur durée de vie, il est indispensable de planifier dès maintenant leur gestion future.

Durée de vie de la batterie et recyclage

Il ne fait aucun doute qu’il y aura un jour une quantité importante de batteries usagées de véhicules électriques à traiter. Même les prévisions les plus optimistes concernant l’essor des voitures électriques ont été dépassées, puisqu’elles représentent actuellement 16 % du marché mondial, et bien plus en Europe et en Chine. Le monde crée des batteries à grande échelle et à un rythme effréné, et ces batteries devront un jour être traitées.

Contrairement à la crainte d’une saturation rapide du marché par les batteries usagées, la durée de vie des batteries de voitures électriques s’avère plus longue que prévu. Les estimations initiales tablant sur cinq ans se voient désormais revues à la hausse, avec une moyenne oscillant entre huit et dix ans. Cela a repoussé le besoin immédiat de solutions de gestion des batteries usées, mais n’a pas éliminé le problème.

Actuellement, un faible pourcentage de petites batteries est recyclé. La plupart des batteries ne sont pas conçues pour un démontage et une séparation faciles, ce qui rend leur recyclage complexe. Ainsi, même si la réutilisation est une option attractive, le recyclage doit être considéré comme une solution à long terme, car il sera inévitable une fois que les batteries seront trop dégradées pour une utilisation ultérieure.

— © Tennen-Gas / Wikimedia Commons

La solution de la batterie de seconde vie

Les batteries des véhicules électriques doivent fonctionner presque à pleine capacité. Une batterie de voiture peut parcourir une distance moindre avant de devoir être rechargée si elle ne peut contenir que 70 % de son énergie initiale. Pour retrouver l’autonomie initiale, il n’est pas possible de fixer davantage de batteries à l’arrière de la voiture.

La réutilisation des batteries, connue sous le nom de « seconde vie », apparaît comme une alternative prometteuse. Malgré une capacité réduite après des années d’utilisation dans les véhicules, les batteries peuvent encore servir efficacement dans le domaine du stockage d’énergie. Le concept de seconde vie suggère de les employer pour collecter et emmagasiner l’énergie solaire ou éolienne durant les périodes de production excédentaire, afin de la redistribuer lors des pics de demande. 

Cette approche s’avère bénéfique non seulement pour l’environnement, en minimisant les déchets, mais également pour l’économie d’énergie, et peut grandement contribuer à la réduction de la consommation de combustibles fossiles.

Les défis et les perspectives de seconde vie

Malgré son potentiel, la mise en œuvre de la seconde vie des batteries doit surmonter certains obstacles. L’un d’eux est la nécessité d’avoir des batteries similaires pour garantir un fonctionnement optimal en groupe lors du stockage d’énergie. 

De plus, la concurrence d’autres secteurs rend leur acquisition pour le stockage d’énergie renouvelable plus complexe. Actuellement, le marché fait face à une pénurie de batteries usagées, avec une augmentation du prix des batteries de seconde vie. 

Cependant, les avancées dans les technologies de tri et de test des batteries usagées pour maximiser leur efficacité lors de leur réutilisation promettent d’améliorer cette situation, rendant la seconde vie plus accessible et efficace à l’avenir.

Vers une transition énergétique durable

La seconde vie des batteries s’inscrit dans la démarche globale de transition vers des sources d’énergie plus durables et respectueuses de l’environnement. Bien qu’elle ne représente pas la solution ultime au problème de stockage de l’énergie renouvelable, elle contribue néanmoins à la réduction significative de la dépendance aux centrales à gaz et autres sources d’énergie fossile. 

A long terme, le recyclage demeure incontournable, mais la seconde vie offre un répit précieux, en permettant une utilisation optimisée des batteries existantes, retardant ainsi la nécessité de leur recyclage et minimisant l’impact environnemental, tout en contribuant à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: IFL Science

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