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Comment une simple erreur est à l’origine de la loi de Murphy

Un adage aussi connu comme la "loi de la tartine beurrée" que beaucoup d'entre nous redoutent

Si vous n’avez jamais entendu parler de la loi de Murphy, sachez qu’il ne s’agit nullement d’une législation mais d’un célèbre adage énoncé par Edward Aloysius Murphy Jr.

Cet adage, tantôt vu comme l’expression du pessimisme, tantôt comme un principe fondamental de l’univers, tantôt comme un principe de diligence et de prévention, est connu dans les milieux de l’ingénierie.

Qui était Murphy ?

Edward Aloysius Murphy Jr. était un ingénieur américain en aérospatiale. Il vécut du 11 janvier 1918 au 17 juillet 1990 et était en charge de la sûreté de fonctionnement de systèmes critiques. Autrement dit, son travail était de s’assurer de la fiabilité, de la maintenabilité, de la disponibilité et de la sécurité de systèmes dont la panne et le dysfonctionnement pouvaient engendrer des conséquences dramatiques : graves dégâts matériels, impacts catastrophiques pour l’environnement, blessures ou même décès.

Origine de la loi de Murphy

Malheureusement, l’énoncé exact de la loi de Murphy varie selon les versions. En revanche, voilà les circonstances dans lesquelles naquit cette loi. Comme on l’a dit précédemment, Edward Murphy travaillait dans l’aérospatiale. Après la Seconde Guerre mondiale, il intègre l’United States Air Force Institute of Technology en 1947 dans lequel il occupe le poste d’officier en recherche et développement du Wright Air Development Center de la Wright-Patterson Air Force Base.

De 1947 à 1949, l’ingénieur a mené un projet dénommé projet MX981 à la base Muroc de l’US Air Force, baptisée ultérieurement base Edwards. Le projet en question consistait à tester la tolérance humaine face à la décélération en utilisant un chariot monté sur un rail, propulsé par une fusée, avec une série de freins hydrauliques en fin de parcours. Au départ, les tests étaient effectués sur un mannequin de 185 lb nommé Oscar Eightball attaché à un siège sur le chariot, puis sur des chimpanzés.

Faisons la connaissance de John Paul Stapp

John Paul Stapp / Wikipédia

Il ne serait pas complet de parler de la loi de Murphy sans parler du courageux colonel de l’US Air Force John Paul Stapp. En effet, ce militaire qui vécut entre 1910 et 1999 participa et fut même l’un des pionniers en matière d’étude sur les effets des forces d’accélération et de décélération sur le corps humain. Comment ? Parce qu’il a lui-même ressenti les effets sur son propre corps.

En effet, jusqu’à cette époque, la théorie prédominante supposait qu’un être humain ne pouvait supporter 18 g de force, « g » étant l’initiale de gravité et l’unité d’accélération correspondant à l’accélération de la pesanteur à la surface de la Terre.

Pour le Dr Stapp, qui avait des connaissances approfondies en physiologie humaine et qui avait mené plusieurs recherches sur des accidents dans lesquels des personnes sortaient vivantes d’accidents à plus de 18 g de force, cette limitation était trop basse. C’est pourquoi, le 10 décembre 1947, John Stapp prit la décision de jouer lui-même le cobaye. Il déclara ainsi à ses collègues de travail : « Vous pouvez jeter cela à la poubelle. Je vais être le sujet du test. »

Plus les tests s’effectuaient et plus des questions sur la précision de l’instrumentation utilisée pour mesurer la décélération endurée par le Dr Stapp surgirent. Les chercheurs ont progressivement augmenté l’unité d’accélération jusqu’à atteindre les 35 g. A ce propos, le Dr Stapp a même déclaré : « Les hommes aux bureaux d’acajou pensaient que le corps humain ne supporterait jamais 18 g. Nous en prenons le double sans transpirer ! »

La fameuse erreur de l’assistant

C’est alors qu’Edward Murphy décida d’utiliser des jauges électroniques de mesure d’effort attachées aux pinces de retenue du harnais du Dr Stapp pour mesurer les forces exercées sur chacune de ces pinces durant la rapide décélération. Un test fut réalisé avec un chimpanzé et ce fut l’assistant de Murphy qui fut chargé de câbler le harnais.

Toutefois, les capteurs ont indiqué qu’aucune force n’intervenait. Ce qui était extrêmement bizarre, et il apparut qu’en réalité, les capteurs avaient été montés à l’envers. Très frustré par la négligence de son assistant, ce fut à ce moment précis que Murphy prononça cette célèbre phrase :

« If that guy has any way of making a mistake, he will »

Les interprétations françaises de cette phrase devenue un adage sont multiples. Selon George Nichols, ingénieur présent lors de l’expérience, Murphy voulait dire que « si cela peut se produire, cela arrivera ». Cet adage fut nommé la loi de Murphy afin de se moquer de ce que Nichols qualifia d’arrogance de la part de Murphy.

D’autres personnes comme Robert Murphy, l’un des fils d’Edward Murphy, a expliqué les propos de son père dans le sens de « if there’s more than one way to do a job, and one of those ways will result in disaster, then somebody will do it that way », autrement dit, « s’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour le faire de cette façon ».

« Si cela peut se produire, cela arrivera »

De nombreuses interprétations et de multiples dérivés

Néanmoins, d’un point de vue général, cette « loi » peut être interprétée de deux façons. La première est de l’ériger en principe de pessimisme. En d’autres termes, de la prendre à la lettre, et ainsi, on peut l’interpréter comme si le pire pouvait toujours arriver.

L’autre façon d’interpréter cet adage est de le prendre comme un principe de prévention. Autrement dit, prendre conscience de l’existence de toutes les failles et tous les problèmes possibles même s’ils n’existent pas encore. Cette loi de Murphy justifie ainsi les principes de conception de sûreté. Par exemple, un équipement devrait être mis à l’épreuve non seulement pour pallier les accidents les plus improbables et même les manœuvres les plus stupides que peuvent faire les utilisateurs.

Aujourd’hui, plusieurs lois ou principes ont été dérivés de la loi de Murphy comme l’effet démo, l’effet Bonaldi, la loi de l’emmerdement maximal, la loi du Fatal Error ou encore la loi de Finagle, etc. A notre avis, la fatalité n’existe pas et bien que la loi de Murphy puisse servir à faire preuve de plus de diligence et de prudence, on aime croire que l’erreur est humaine et que l’effort, la détermination et un état d’esprit positif peuvent arriver au bout de toute épreuve.

Par Arielle Lovasoa, le

Source: todayifoundout

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