Aller au contenu principal

Le dipôle de l’océan Indien bascule en phase positive, un signal qui pèse sur l’hiver européen sans rien garantir

Le Bureau of Meteorology australien confirme qu’un épisode positif du dipôle de l’océan Indien est en cours depuis début septembre 2026, en parallèle d’un El Niño d’intensité rare. Selon plusieurs travaux, ce balancier thermique tropical peut infléchir le jet stream atlantique. Reste à mesurer ce qu’il change réellement pour l’hiver en Europe.

Vue aérienne de l'océan Indien tropical avec une bande d'eau turquoise chaude à l'ouest et des eaux plus sombres à l'est sous un ciel nuageux
Le dipôle de l’océan Indien oppose les températures de surface de l’ouest et de l’est du bassin tropical. Sa phase positive de l’automne 2026 intéresse les prévisionnistes européens. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Avec un indice de +0,69 °C fin octobre 2026, le dipôle de l’océan Indien franchit nettement son seuil de phase positive

Le dipôle de l’océan Indien, ou IOD, compare la température de surface de l’ouest du bassin, au large de l’Afrique de l’Est, à celle de l’est, au sud de l’Indonésie. Quand l’ouest se réchauffe davantage, l’indice devient positif. Ainsi, la phase s’inverse lorsque l’est domine.

Dans son bulletin du 27 octobre 2026, le Bureau of Meteorology relève un indice de +0,69 °C pour la semaine close le 25 octobre. La valeur dépasse le seuil de +0,4 °C depuis sept semaines consécutives. Par ailleurs, tous les modèles examinés prévoient un retour à la neutralité vers décembre, début de l’été austral.

Cet épisode coïncide avec un El Niño jugé fort par le même organisme. Cependant, les effets respectifs des deux océans sur l’Europe restent difficiles à démêler.

Une étude du Met Office parue en 2020 relie le dipôle positif de 2019 à l’hiver très doux et pluvieux du nord de l’Europe

L’hypothèse s’appuie sur les travaux de Steven Hardiman et de collègues du Met Office, publiés en 2020 dans Atmospheric Science Letters. L’équipe a disséqué l’hiver 2019-2020, marqué par une oscillation nord-atlantique (NAO) fortement positive. Or, un dipôle positif très intense s’était installé juste avant.

À l’aide d’analyses composites et d’expériences de modélisation, les auteurs concluent que l’IOD a été un moteur clé de cette NAO positive. Celle-ci pousse vers l’Europe du Nord un air doux et humide. De plus, les pluies simulées concordent avec celles observées au Royaume-Uni.

Deux chemins atmosphériques, par la troposphère et par le vortex polaire, transmettent le signal vers l’Atlantique Nord

Le mécanisme proposé repose sur deux voies. D’abord, la convection renforcée sur l’ouest de l’océan Indien déclenche un train d’ondes de Rossby, qui traverse le Pacifique puis l’Atlantique. Ensuite, une seconde voie passe par la région des Aléoutiennes et le vortex polaire stratosphérique.

Ces chemins ressemblent à ceux déjà documentés pour El Niño. En conséquence, le jet stream nord-atlantique peut se décaler et se renforcer, ce qui favorise le passage des dépressions sur le nord du continent. Toutefois, l’étude porte sur un seul hiver, et le lien général reste probabiliste.

Météo-France estime à 70 % la probabilité d’un trimestre plus doux que la normale, porté aussi par le changement climatique

Dans son bulletin du 29 octobre 2026, Météo-France privilégie pour novembre, décembre et janvier des basses pressions sur le proche Atlantique. La probabilité d’un trimestre plus chaud que la normale atteint 70 % sur l’Hexagone et la Corse. En outre, un temps plus humide est jugé probable sur la moitié nord.

L’établissement attribue ce scénario à la circulation attendue et à la tendance liée au changement climatique. Le dipôle n’est donc qu’un ingrédient parmi d’autres. Surtout, une prévision saisonnière décrit une moyenne probable sur trois mois.

Des épisodes plus frais restent possibles, précise Météo-France. Par conséquent, un IOD positif ne garantit pas un hiver doux, il en augmente seulement les chances. Le retour annoncé à la neutralité en décembre pourrait d’ailleurs limiter la durée de son influence sur la saison.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *