
Si les dernières observations scientifiques du loris lent de Bangka remontaient à la fin des années 1930, il s’avère que cette petite espèce de primate au bord de l’extinction est toujours présente sur l’île indonésienne.
Le retour de Nycticebus bancanus
Lourdement affecté par la déforestation, Nycticebus bancanus était classé comme en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature et jusqu’à très récemment présumé disparu. Bien qu’une poignée de clichés de spécimens présumés aient été publiés ces dernières années sur les réseaux sociaux, il n’existait pas de preuve scientifique solide de sa persistance sur l’île.
Publiée dans la revue Spixiana, la nouvelle étude révèle que plus de 90 loris lents de Bangka ont été secourus au cours de la dernière décennie. La plupart ont été retrouvés près de zones habitées, certains présentant de graves brûlures résultant probablement de contacts avec des lignes électriques.
« Leur habitat naturel s’est considérablement réduit en raison de l’exploitation minière illégale de l’étain et de l’expansion massive des plantations de palmiers à huile », explique Langka Sani, directeur du Centre de sauvetage de la faune sauvage d’Alobi. « Nous sommes ravis de confirmer que l’espèce n’a pas disparu, mais elle reste plus que jamais en danger. »
Les primates recueillis provenaient de quatre parties distinctes de l’île, d’une taille comparable à la Corse, ainsi que de l’agglomération de Pangkal Pinang, suggérant une aire de répartition plus vaste que prévu, mais également des populations très fragmentées. Sur les 90 individus pris en charge, 86 se sont rétablis et ont été relâchés dans des zones forestières encore épargnées.
Feared extinct, Bangka slow loris primate rediscovered in Indonesia https://t.co/tlhphSUmxF https://t.co/tlhphSUmxF
— Reuters (@Reuters) October 21, 2026
Assurer la pérennité de l’espèce
Pour Timon Glaw, co-auteur de la nouvelle étude, replacer N. bancanus sur les radars scientifiques ne représente qu’une première étape.
« Nous avons besoin de toute urgence d’une stratégie de conservation à long terme fondée sur des recensements de population, des études génétiques et, surtout, la protection de son habitat restant », estime-t-il.
L’équipe évoque également la constitution d’une population reproductrice en captivité, ainsi que l’extension des travaux de terrain aux îles voisines, qui pourraient également abriter cette minuscule créature, qui n’est définitivement pas une peluche.
Au cas où vous l’ignoriez, les loris lents sont en effet les seuls primates venimeux au monde.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: primate
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