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54 700 kilomètres : un requin-baleine accomplit un périple record

Ces gentils géants ne cessent de nous surprendre

— jjsupasit srisawthsak / Shutterstock.com

Un requin-baleine sillonnant les eaux des Caraïbes et du golfe du Mexique a parcouru plus de 50 000 kilomètres en l’espace de dix ans, soit le plus long déplacement jamais documenté chez un squale.

Épopée océanique

Nommé Milo, ce mâle Rhincodon typus de 8 mètres de long est suivi étroitement par les chercheurs depuis 2017. L’année suivante, le requin a largement dépassé l’île des Bermudes, et a poussé son exploration de l’Atlantique bien plus loin au nord en 2020, dépassant même la latitude de New York.

En 2019, 2021 et 2022, Milo a préféré le golfe du Mexique, évoluant notamment le long des côtes du Mississippi, de la Louisiane et du Texas, avant de mettre le cap, comme chaque année, sur la péninsule du Yucatan.

Si les requins-baleines sont réputés pour être des animaux plutôt solitaires, ils se regroupent en effet au large de Cancún, dans ce que les scientifiques considèrent comme l’un des plus grands rassemblements saisonniers connus de R. typus. En 2009, un suivi aérien avait ainsi révélé la présence de quelque 420 individus dans une zone d’à peine 18 kilomètres carrés.

Profitant de la remontée d’eaux tropicales riches en nutriments, ils peuvent passer des mois à se nourrir de zooplancton, de petits crustacés et d’œufs de poisson, et sont souvent rejoints par d’autres géants des mers, tels que les raies manta.

Squales flexibles

Pour documenter précisément les pérégrinations de Milo, les chercheurs se sont appuyés à la fois sur les données de ses balises satellitaires, changées à cinq reprises, et sur son arrangement unique de taches cutanées, comparable à nos empreintes digitales. Les quelque 54 700 kilomètres parcourus offrent un aperçu remarquable de la flexibilité de l’espèce, alternant entre longues migrations et périodes prolongées dans les mêmes régions.

« Ils sont manifestement aussi à l’aise dans les profondeurs océaniques que les eaux côtières », note Guy Harvey, de l’université Nova Southeastern. « Des études à long terme comme celles-ci sont essentielles pour comprendre le cycle de vie de ces animaux à la longévité remarquable. »

À l’heure où les requins-baleines sont considérés comme « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature, ces données s’avèrent également précieuses pour orienter les efforts de conservation.

Précédemment, une étude avait révélé que les requins-baleines étaient en mesure de faire repousser leurs tissus endommagés à l’identique.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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