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Les compagnies aériennes réclament 43 000 avions d’ici 2045, mais Airbus et Boeing ne suivent pas le rythme

Le cabinet Cirium estime qu’environ 43 000 appareils neufs devront être livrés dans le monde entre 2026 et 2045. Pourtant, Airbus et Boeing peinent toujours à produire au rythme des commandes. Entre moteurs rares et certifications retardées, le décalage entre l’offre et la demande devrait durer jusqu’à la fin de la décennie.

Hall d'assemblage aéronautique où plusieurs fuselages d'avions monocouloirs blancs sans moteurs attendent sur leurs supports, sous un éclairage industriel
Selon Cirium, environ 43 000 avions neufs devront être livrés d’ici 2045. Les difficultés d’approvisionnement en moteurs freinent pourtant les cadences. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Publiée le 13 octobre 2026, la prévision de Cirium chiffre les livraisons à 3 200 milliards de dollars sur vingt ans

Dans son Fleet Forecast annuel, établi par sa branche de conseil Ascend, Cirium table sur quelque 43 000 livraisons d’avions de ligne, de cargos et de turbopropulseurs. Leur valeur atteindrait 3 200 milliards de dollars, exprimés en dollars de 2026. Ainsi, la flotte mondiale de transport de passagers dépasserait légèrement les 50 000 appareils en 2045.

Cependant, ce chiffre recule par rapport à l’édition 2025, qui annonçait 46 500 livraisons. La comparaison reste toutefois délicate, car le périmètre a changé : le seuil minimal passe de 30 à 50 sièges. Surtout, Cirium attribue cette révision aux limites de production, et non à une baisse de l’appétit des compagnies.

Moteurs en nombre insuffisant, certifications qui traînent, le décalage entre offre et demande devrait durer toute la décennie

Selon Cirium, le déséquilibre observé depuis cinq ans persistera pendant toute la décennie. Plusieurs freins s’additionnent : goulets d’étranglement chez les fournisseurs, disponibilité des moteurs, délais de certification allongés, incertitudes géopolitiques et pression sur les coûts. De plus, les motoristes doivent servir à la fois les chaînes d’assemblage et les avions déjà en service.

Côté américain, Boeing attend toujours la certification de ses 737 MAX 7 et MAX 10, tandis que son long-courrier 777X accumule les retards. En Europe, des A320neo achevés ont dû patienter sur le tarmac d’Airbus, faute de moteurs livrés à temps. Par conséquent, les deux industriels restent loin des cadences qu’imposeraient leurs carnets.

Airbus prévoit 42 060 appareils et Boeing 43 625, des estimations proches de celle de Cirium malgré des méthodes différentes

Les constructeurs dressent un tableau voisin. En juillet 2026, Boeing a publié son Commercial Market Outlook, qui table sur 43 625 avions livrés d’ici 2045. De son côté, Airbus anticipe dans son Global Market Forecast un besoin de 42 060 appareils. Ces totaux reposent toutefois sur des hypothèses et des catégories distinctes.

En parallèle, l’association britannique ADS dénombre 903 avions commerciaux livrés de janvier à août 2026, un record depuis 2018. Pourtant, les compagnies ont commandé 1 655 appareils sur la même période, soit 25 % de plus qu’en 2025. Le carnet mondial atteint ainsi 17 010 avions, soit plus de douze ans de production.

L’Asie-Pacifique captera près de la moitié de la flotte, mais l’effet sur le prix des billets reste difficile à mesurer

Dans le modèle de Cirium, la Chine, l’Inde et le reste de l’Asie-Pacifique représentent environ 48 % de la flotte de passagers attendue. Les monocouloirs dominent avec 76 % du parc projeté, et l’A321neo forme à lui seul 16 % de l’ensemble. Ainsi, la demande se concentre sur des avions plus grands, mais toujours à un seul couloir.

Faute de neufs, certaines compagnies prolongent leurs vieux appareils ou leurs locations, ce qui alourdit la facture de carburant et de maintenance. Néanmoins, Cirium ne chiffre aucun effet direct sur les tarifs. D’ailleurs, le trafic a fléchi par moments en 2026, notamment au Moyen-Orient. Une hausse des billets resterait donc possible, sans être démontrée.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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