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En Égypte, les serviteurs des pharaons étaient sacrifiés pour continuer à les servir dans l’au-delà

« On peut aisément imaginer l’horreur de ces scènes »

— Merydolla / Shutterstock.com

L’analyse de crânes anciens a confirmé les sacrifices des esclaves et de hauts fonctionnaires égyptiens à l’époque des premiers pharaons, afin qu’ils les accompagnent lors de leur ultime voyage.

Des sacrifices massifs

Les restes humains réexaminés provenaient de la nécropole d’Abydos, située dans le sud de l’Égypte et remontant à environ 5 000 ans. Inhumés dans des tombes modestes à proximité des principales structures funéraires pharaoniques, les défunts étaient tous membres de la cour royale (fonctionnaires, artisans, gardes et domestiques).

Roselyn Campbell, de l’université Purdue, et ses collègues ont constaté que 18 des 46 crânes étudiés présentaient des traumatismes crâniens périmortem sévères, notamment des fractures infligées par des objets contondants et des lésions profondes au niveau des tempes, ayant systématiquement entraîné le décès. Selon les chercheurs, elles auraient provoqué une perte de connaissance rapide et des hémorragies internes fatales.

L’idée de sacrifices humains à cette époque n’est pas nouvelle. Dès les années 1920, Sir Flinders Petrie avait été intrigué par les inhumations rapprochées de plusieurs souverains d’Abydos et de dizaines de leurs serviteurs. Mais à cette époque, l’égyptologue britannique ne disposait pas des moyens techniques nécessaires pour le confirmer.

S’il est possible que certains serviteurs royaux aient consenti à leur sort, dans l’espoir d’accéder à la vie éternelle et ainsi conserver une place de choix auprès d’un souverain considéré comme divin, d’autres auraient été choisis ou contraints. « On peut aisément imaginer l’horreur de ces scènes », commente Dawn McCormack, de l’université de Samford.

— Baimieng / Shutterstock.com

Une pratique abandonnée dès la Seconde dynastie

Détaillée dans la revue Frontiers in Environmental Archaeology, cette analyse médico-légale fournit les preuves matérielles les plus solides à ce jour d’exécutions rituelles à l’époque de la Première dynastie égyptienne (entre 3100 et 2900 avant notre ère), marquée par l’unification politique de la Haute et de la Basse-Égypte.

Si la période pharaonique a pris fin avec l’annexion de l’Égypte par l’Empire romain à la mort de Cléopâtre VII (30 avant notre ère), il semble que le sacrifice de serviteurs ait cessé dès la Seconde dynastie (2890 à 2686 avant notre ère).

Cette période troublée sur le plan social et politique aurait poussé les pharaons à remplacer une pratique aussi controversée et coûteuse par le placement dans les tombes royales de figurines en bois ou en pierre, connues sous le nom d’ouchebtis et censées subvenir aux besoins du défunt lors de son voyage dans l’au-delà.

Les anciens Égyptiens sacrifiaient également des animaux. Précédemment, ce sont neuf crânes de crocodiles qui avaient été découverts dans des sépultures de haut rang remontant à environ 4 000 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: The Independent

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