
Les momies sont susceptibles d’abriter des champignons et autres organismes pathogènes potentiellement mortels. Connaissant un véritable boom sur la toile, leur commerce inquiète.
Des signes récurrents de biodétérioration
Récemment, des chercheurs ont passé au crible plus d’une centaine d’annonces en ligne, portant sur 122 restes humains momifiés, ainsi que ceux d’un chat, d’un ibis, d’une perche, d’un faucon et d’un primate. Plus de la moitié comprenaient des têtes plus ou moins bien conservées, dans certains cas réduites (les fameux « tsantsas » créés par le peuple amazonien Shuar). Il s’est avéré que 13 d’entre elles présentaient des signes clairs de colonisation fongique.
L’équipe a constaté que 44 des momies provenaient d’Égypte et 21 autres d’Amérique du Sud. Ce qui suggère des méthodes d’embaumement toxiques ainsi que des conditions de stockage inadaptées favorisant la prolifération microbienne.
« L’essor des réseaux sociaux a amplifié la demande pour ces éléments uniques du patrimoine culturel », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans l’International Journal of Cultural Property. « Les vendeurs ne font quasiment jamais mention des risques des précautions à prendre pour les manipuler, ce qui suggère une méconnaissance ou un mépris de ces derniers. »
Le danger ne se limite toutefois pas aux vendeurs et aux acheteurs. Comme le rappelle la chercheuse Kirsty Squires, l’acheminement de ces colis particuliers à l’échelle nationale et internationale expose de nombreuses personnes (postiers, livreurs, agents de douanes…) à des agents pathogènes dangereux tout en favorisant leur propagation transfrontalière. « Tant que ce commerce mal encadré se poursuivra, vivants comme morts seront en danger », conclut-elle.

« Malédictions » célèbres
Parmi les cas les plus célèbres de contamination mortelle liés à des momies, la « malédiction de Toutankhamon », souvent attribuée aux spores du champignon Aspergillus présentes dans le tombeau de l’illustre pharaon, et qui pourraient avoir causé la mort du riche mécène Lord Carnarvon dans les années 1920.
La même cause est avancée pour la mort des dix des douze scientifiques ayant participé, en 1973, à l’ouverture du tombeau du roi Casimir IV à Cracovie, où celui-ci reposait depuis près de cinq siècles.