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Des momies redécouvertes révèlent de nouveaux secrets des princesses de l’Égypte antique

« Elles ne passaient pas leurs journées assises dans leur palais ou à suivre docilement leurs époux »

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— Lyashko_ph / Shutterstock.com

L’analyse des restes momifiés de plusieurs princesses égyptiennes a révélé des lésions osseuses caractéristiques, renforçant l’idée que celles-ci étaient amenées à manier régulièrement des arcs et des dagues.

Des lésions caractéristiques

Au cours des dernières décennies, les sépultures de femmes enterrées avec des armes ont été mises au jour sur la plupart des continents. Mais la question de savoir si ces objets reflétaient leur mode de vie, ou avaient uniquement une fonction symbolique (protection lors du passage dans l’au-delà) reste débattue.

Publiée dans la revue Frontiers in Environmental Archaeology, la nouvelle étude a impliqué l’examen de six momies égyptiennes datant du Moyen Empire (vers 2050 à 1650 avant notre ère), mises au jour lors des fouilles du complexe funéraire de Dahchour à la fin du XIXe siècle. Parmi les cinq femmes identifiées, quatre se sont révélées être les filles d’Amenemhat II, pharaon de la XIIe dynastie.

Zeinab Hashesh et ses collègues ont constaté que la princesse Ita, âgée d’une trentaine d’années au moment de sa mort et dont le mobilier funéraire comprenait un poignard ouvragé en or et en lapis-lazuli, présentait des épaississements osseux caractéristiques au niveau de l’avant-bras et de la paume, suggérant qu’elle maniait régulièrement des dagues ou des massues.

Dans les cas de Noub-Hotep et Itaweret, respectivement âgées d’une quarantaine et d’une vingtaine d’années au moment de leur décès, c’est un élargissement du radius (entre le coude et le poignet) typique de la pratique de l’arc qui a été mis en évidence. La courbure du deuxième métacarpe droit de Noub et des attaches musculaires massives au niveau des doigts sont également caractéristiques de la « prise de l’archer ».

Dague trouvée dans la tombe de la princesse Ita — © Dale Cruse / Flickr / CC-BY

Un quotidien bien loin des clichés antiques

D’après l’équipe, les altérations osseuses observées laissent penser que ces importantes figures de l’Égypte antique auraient pu être formées très tôt au maniement de telles armes, probablement dès l’enfance. Plus globalement, elles suggèrent un quotidien bien différent de celui habituellement associé aux princesses antiques.

« Elles ne passaient pas leurs journées assises dans leur palais ou à suivre docilement leurs époux, mais menaient une vie active et développaient leurs compétences guerrières, tout comme leurs frères », note Michelle Langley, de l’université australienne Griffith.

Une idée appuyée par la mise en évidence de blessures osseuses cicatrisées chez Itawaret, indiquant des côtes brisées et plusieurs fractures du pied. « Lorsqu’elles étaient blessées, leur haut statut leur permettait de bénéficier des meilleurs médecins, ce qui limitait le risque d’infection et de déformation », conclut Langley.

Précédemment, des archéologues avaient percé les secrets de la « Dame mystérieuse », cette momie que l’on pensait enceinte et atteinte d’un cancer.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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