
Sillonnant les environnements stériles de Mars depuis plus d’une décennie, le rover Curiosity nous a offert un aperçu unique de la géologie de notre voisine. Sa dernière trouvaille se résume à d’étranges « nids d’abeille ».
Une formation rocheuse à l’aspect évocateur
Ces dernières années, c’est surtout son petit frère Perseverance qui s’est retrouvé au cœur de l’actualité. Arpentant actuellement les contreforts du cratère Jezero, l’engin de la NASA a notamment identifié ses toutes premières « pierres précieuses » martiennes.
Pas épargné par les pépins mécaniques, avec notamment une roue fortement endommagée, Curiosity poursuit sa visite du cratère Gale, proche de l’équateur martien, où il avait précédemment identifié de nouvelles molécules organiques liées à la chimie du vivant.
Alors qu’il explorait les flancs du mont Sharp, situé au cœur de cette dépression martienne dépassant les 150 kilomètres de diamètre, le rover est tombé sur une formation rocheuse à l’aspect évocateur. « Ces structures fortement érodées s’apparentent au sommet d’un gigantesque nid d’abeilles martiens », détaille le communiqué de la NASA.
L’origine de ces structures pourrait remonter au « passé bleu » de la planète rouge, il y a plus de 3,5 milliards d’années, lorsqu’elle disposait encore d’une atmosphère substantielle, permettant le maintien d’étendues d’eau liquide au sein du cratère Gale. Des cycles répétés d’humidification et d’assèchement des sédiments auraient favorisé la formation de fissures polygonales, lentement accentuées par la circulation de fluides ainsi que l’érosion éolienne.

De probables éclats de météorite
Parmi les autres surprises géologiques découvertes par Curiosity dans cette section du mont Sharp figurent de petits rochers épars et sombres, contrastant avec la teinte claire des sols environnants.
L’analyse de certains de ces fragments « flottants » a révélé d’importantes concentrations de nickel, élément plus fréquemment associé aux météorites qu’aux roches martiennes ordinaires. Cette signature chimique suggère qu’il pourrait s’agir de débris d’origine extraterrestre, plutôt que de fragments rocheux érodés issus d’une couche stratigraphique supérieure.
L’an passé, Perseverance avait photographié un étrange « chapeau martien », se distinguant notamment par sa texture granuleuse.