Culminant à plus de 21 kilomètres d’altitude sur Mars, Olympus Mons dépasse de loin le mont Everest. Pourtant, ce monstre géologique de la taille de l’Italie défie nos sens. Sa structure gigantesque s’avère si plane qu’elle cache ses propres formes à un observateur direct.

L’illusion d’optique de ce relief martien dont les dimensions démesurées masquent la silhouette réelle
Marcher sur ce géant rouge n’offre aucune sensation de hauteur immédiate. En raison d’un diamètre colossal de 600 kilomètres, la courbure naturelle de la planète rouge modifie totalement la perception. Un randonneur de l’espace ferait face à un horizon plat très rapproché.
De fait, la déclivité s’étend bien au-delà de la ligne de vision, située seulement à trois kilomètres de distance. Cette configuration efface le sentiment de vertige propre aux massifs terrestres. Le paysage sommital s’apparente ainsi à une immense plaine minérale.
Par conséquent, aucun panorama grandiose à 360 degrés ne vient récompenser l’ascension de cette structure. Les données de l’altimètre laser MOLA confirment pourtant une altitude exacte de 21,287 kilomètres. Les scientifiques rappellent que ce monstre occupe une surface équivalente à celle de l’Italie.
L’absence de mouvement géologique explique la croissance disproportionnée de ce dôme volcanique
Une telle disproportion par rapport à nos montagnes s’explique par la nature de la croûte martienne. Contrairement à la Terre, Mars ne possède aucune tectonique des plaques active. Dès lors, le sol ne glisse jamais au-dessus des réserves profondes de magma.
La roche en fusion s’est donc accumulée au même endroit précis durant des centaines de millions d’années. De surcroît, une pesanteur beaucoup plus faible et une érosion météo très modérée ont favorisé cet empilement continu. Les couches de lave successives ont forgé un édifice monumental unique.
Un environnement extrême marqué par des gouffres géants et un vide atmosphérique presque total
La cime du volcan abrite une structure complexe composée de six calderas imbriquées. Ces cratères forment une vaste zone d’effondrement mesurant 60 kilomètres sur 80. À certains endroits, ces dépressions atteignent une profondeur abrupte de 3,2 kilomètres.
Par ailleurs, des falaises abruptes hautes de 2 à 6 kilomètres ceignent la base de la structure. Cet immense rempart circulaire s’accompagne d’une déformation de la croûte sous le poids de la montagne. Cet environnement s’avère particulièrement inhospitalier pour d’éventuels explorateurs.
En effet, la pression atmosphérique résiduelle chute ici à seulement 72 pascals au sommet. Cela représente à peine 12 % de la valeur moyenne martienne. À titre de comparaison, le sommet de l’Everest conserve une pression nettement supérieure de 32 000 pascals.
Une révélation spatiale tardive qui oriente désormais les scientifiques vers la piste d’un ancien océan
Pendant longtemps, les télescopes terrestres ne montraient qu’une lueur claire nommée Nix Olympica. L’illusion d’un dépôt glaciaire a persisté jusqu’en 1971. C’est la sonde Mariner 9 qui a finalement dévoilé la nature volcanique de cette immense formation.
Récemment, des géologues de l’université Paris-Saclay ont émis une thèse audacieuse. Selon leurs travaux publiés en 2023, ce soulèvement rocheux constituait une île volcanique il y a 3,7 milliards d’années. Le volcan aurait ainsi émergé d’un vaste océan profond de 6 kilomètres.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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