
De récentes expériences ont finalement permis d’élucider l’obscur mécanisme physiologique permettant aux mâchoires d’une célèbre plante carnivore de se refermer en moins d’une seconde sur ses proies ailées.
Fermeture éclair
La dionée (Dionaea muscipula) produit un nectar à l’odeur enivrante qui attire des insectes ne se doutant pas une seconde du sort bien peu enviable qui les attend. En raison de la vitesse à laquelle ce piège se referme, l’illustre Charles Darwin avait supposé que ces plantes carnivores possédaient un système nerveux et musculaire. Publiées dans la revue Science, ces nouvelles recherches révèlent un mécanisme bien différent.
Yoël Forterre, du CNRS, et ses collègues ont en effet découvert que la « fermeture éclair » de ses mâchoires était le résultat d’un ramollissement des cellules situées à la surface de celles-ci. « Le fait que des parois cellulaires végétales puissent modifier leurs propriétés mécaniques aussi rapidement était vraiment surprenant », souligne le chercheur.
Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a utilisé une minuscule pointe métallique, ou nanoindenteur, pour piquer la surface externe des feuilles de D. muscipula et mesurer les variations de pression. Celles-ci avaient été préalablement soigneusement immobilisées à l’aide de colle dentaire, afin d’empêcher le piège de se refermer.
« Au contact d’une seule goutte d’eau, il ne se rouvrirait que le lendemain », note-t-elle. « S’il s’agit d’un insecte, sa digestion et la dissolution du squelette prendraient des semaines. »
It was widely thought that the movement of water through Venus flytrap cells caused the trap to close, but detailed experiments have led scientists to propose an alternative mechanism https://t.co/mSYVLTIauO
— New Scientist (@newscientist) June 15, 2026
Assouplissement cellulaire
De précédentes recherches avaient révélé que le simple fait de courber les cils des lobes des feuilles pièges provoquait la propagation d’un signal électrique de part et d’autre des mâchoires en moins d’un dixième de seconde.
Ces nouveaux travaux indiquent un assouplissement quasi-immédiat de ces dernières à l’échelle cellulaire, plutôt qu’un « dégonflement » lié à la migration de molécules d’eau, qui constituait jusqu’à présent l’hypothèse dominante.
« Les plantes sont tout simplement incroyables », s’enthousiasme Forterre, qui s’intéresse de près à D. muscipula depuis deux décennies. « Elles peuvent percevoir leur environnement, réagir, et communiquer entre elles. »
Précédemment, des chercheurs avaient décrit une plante devenant carnivore lorsqu’elle était privée d’un certain nutriment.
Par Yann Contegat, le
Source: The Guardian
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