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Comment ces artefacts vieux de 8 000 ans ont-ils fini dans l’estomac d’un alligator de 4 mètres ?

« La surprise de l’année »

alligator
Image d’illustration — Danita Delimont / Shutterstock.com

En 2021, c’est une trouvaille plutôt inhabituelle qui avait été réalisée dans l’État du Mississippi : deux objets amérindiens plurimillénaires, logés dans l’estomac d’un alligator massif.

Des reliques pour le moins inattendues

Comme l’expliquait à l’époque sur les réseaux sociaux l’entreprise Red Antler Processing, spécialisée dans la transformation du gibier : « Nous avons ouvert quelques gros alligators afin de voir [littéralement] ce qu’ils avaient dans le ventre, et la surprise de l’année est venue d’un spécimen de 4 mètres. »

Les photos du contenu stomacal du saurien ont été transmises à James Starnes, membre du Département de la qualité environnementale du Mississippi s’intéressant de près à l’archéologie locale. L’homme est rapidement parvenu à la conclusion que l’un des artefacts était la pointe en pierre d’une lance destinée à être propulsée par un atlatl. Cet instrument de chasse ancien agissait essentiellement comme une extension du bras humain, permettant aux projectiles de parcourir de plus grandes distances.

Des comparaisons étroites avec des objets similaires suggèrent que la pointe a été façonnée entre 5 000 et 6 000 avant notre ère. « La structure de sa base est très révélatrice », avait déclaré Starnes au journal local. « Cela correspond au passage de l’Archaïque nord-américain ancien à moyen. »

D’un âge similaire, le second artefact était vraisemblablement un peson amérindien, objet en pierre poli souvent en forme de goutte ou de poire, dont des milliers de spécimens ont été trouvés à travers le continent nord-américain au fil des décennies. Aujourd’hui encore, leur fonction demeure obscure. Alors que certains historiens supposent qu’ils servaient à lester des filets de pêche, d’autres leur attribuent une fonction symbolique et spirituelle.

Gobeurs de pierres

En l’absence de restes humains dans l’estomac de l’alligator, plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer la présence de ces reliques vieilles de huit millénaires.

L’explication la plus probable est qu’elles se trouvaient au fond d’une rivière et que l’animal les a délibérément avalés. Les crocodiliens sont en effet connus pour ingérer des pierres (ou « gastrolithes »), afin d’obtenir des minéraux essentiels tels que le calcium, faciliter leur digestion ou se débarrasser de parasites intestinaux.

Il y a quelques années, une étude avait également montré que cette stratégie, aux origines retracées jusqu’à l’ère des dinosaures, permettait d’allonger significativement la durée de leurs plongées. Un avantage de poids lorsqu’ils traquent leurs proies ou les entraînent sous l’eau pour les noyer.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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