
Des archéologues ont récemment procédé au réexamen d’une sépulture de l’âge du fer particulièrement inhabituelle mise au jour dans le nord de l’Écosse, avec des découvertes intrigantes à la clé.
Une double sépulture de l’âge du fer
Ce cairn funéraire rectangulaire avait été initialement fouillé en 2000, après le signalement près du Loch Borralie d’ossements humains déterrés par des lapins. Il s’est avéré qu’il s’agissait des squelettes partiels d’un individu adulte et d’un adolescent, tous deux inhumés entre le Ier siècle avant notre ère, et le premier de notre ère.
Alors que les analyses préliminaires suggéraient que les étranges lésions mises en évidence pour le premier étaient l’œuvre de rats ou de chiens, le réexamen de ces restes de l’âge du fer révèle un scénario bien différent.
Attribué à une femme âgée d’une trentaine d’années au moment de sa mort, celui-ci présentait une fracture inhabituelle, ainsi que des incisions réalisées à l’aide d’un outil tranchant à la base du crâne. Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Antiquity, de tels stigmates indiquent le prélèvement post-mortem du cerveau, probablement dans le cadre d’un obscur rite funéraire. « Il aurait pu s’agir d’un acte lié au cannibalisme ou réalisé en amont de l’exposition du crâne », supposent-ils.
Les chercheurs ont par ailleurs constaté que trois os de bras et un os de jambe avaient été minutieusement travaillés. Leurs bords tranchants et leurs extrémités pointues laissent penser qu’ils auraient été utilisés comme outils avant d’être replacés dans leurs positions anatomiques correctes. « Un tel niveau de manipulation des restes suggère que la défunte était vénérée par sa communauté, ou jouissait d’un statut élevé », écrivent-ils.

Liens de parenté
L’analyse approfondie des ossements du second individu, ne présentant aucun signe de manipulation, a de son côté révélé qu’il s’agissait d’un garçon âgé d’une quinzaine d’années. Des séquençages génétiques indiquent une parenté au deuxième degré (arrière-grands-parents communs) avec la femme.
Les génomes des deux squelettes du Loch Barralie présentent également des similitudes étroites avec ceux d’individus inhumés sur différents sites archéologiques écossais allant jusqu’à l’archipel des Orcades.
« L’abondance de sépultures anciennes, couvrant près de quatre millénaires, suggère des réseaux sociaux complexes et des déplacements périodiques des groupes restreints le long de sa côte nord et de ses îles », conclut l’étude.
Précédemment, la découverte en Écosse de crémations antiques avait suggéré une mystérieuse catastrophe il y a 3 300 ans.
Par Yann Contegat, le
Étiquettes: squelette, écosse, sépulture, age du fer, musculation
Catégories: Actualités, Histoire