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Des fossiles d’ornithorynque extrêmement rares révèlent des secrets anatomiques de ces étranges mammifères

Vue d’artiste d’O. insignis dans son milieu — © Gen Conway (Flinders University Palaeontology Lab)

Il y a environ 25 millions d’années, les ancêtres de l’ornithorynque évoluant dans le centre de l’Australie étaient remarquablement massifs. De nouveaux témoignages fossiles contribuent à éclairer leur anatomie singulière.

De nouveaux témoignages d’Obdurodon insignis

Créature semi-aquatique, l’ornithorynque moderne est souvent présenté comme une bizarrerie évolutive. Se distinguant par son bec rappelant celui d’un canard, il possède également une queue proche de celle du castor et des pattes palmées. Seul mammifère moderne pondeur, avec les échidnés, il fait également partie des rares représentants venimeux de cette classe (les pattes arrière des mâles cachent un éperon toxique).

Si les juvéniles possèdent des dents vestigiales, qui tombent et sont remplacées à l’âge adulte par de petits coussinets kératinisés facilitant la mastication, des découvertes fossiles réalisées dans l’Outback australien, à l’est des monts Flinders, indiquent que cela n’a pas toujours été le cas.

Datant de la fin de l’Oligocène, ces rares témoignages appartiennent à l’une des plus anciennes espèces connues d’ornithorynques : Obdurodon insignis. Alors que ses descendants actuels ne dépassent pas 2,5 kilos, ce lointain ancêtre, également plus grand, aurait pesé jusqu’à une dizaine de kilos.

« Nous voyons ici les premiers exemples de prémolaires, suggérant un régime alimentaire peut-être moins spécialisé, et un éventail de proies plus robustes, comprenant invertébrés aquatiques et crustacés », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Australian Zoologist. « L’autre découverte significative est la présence d’un fragment d’os scapulo-coracoïde [soutenant le membre intérieur] semblable à celui de l’ornithorynque moderne, qui suggère qu’il nageait aussi bien que ce dernier. »

Les nouveaux fossiles d’Obdurodon insignis : prémolaire inférieure (en haut à gauche), molaire inférieure (en haut à droite), et vues du fragment d’os scapulo-coracoïde — © G Conway / Flinders University

Monde perdu

Il ne s’agit pas des seuls témoignages d’un passé lointain mis au jour lors de cette campagne de fouilles au long cours.

Parmi les milliers de spécimens identifiés, des koalas et opossums préhistoriques, ainsi que des marsupiaux de la taille d’un mouton, des scinques (reptiles), des grenouilles et même un petit dauphin d’eau douce, qui côtoyait probablement O. insignis.

Dans l’ensemble, ces découvertes illustrent la richesse des écosystèmes australiens il y a des dizaines de millions d’années.

Plus tôt cette année, un fossile oublié d’échidné géant avait résolu un mystère paléontologique tenace.

Par Yann Contegat, le

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