Après plus d’un demi-siècle sans révolution majeure, la combinaison lunaire AxEMU d’Axiom Space entre dans sa phase finale de qualification. Conçue pour les pôles glacés de la Lune et les rigueurs du vide spatial, ce vaisseau individuel va bientôt affronter les tests les plus exigeants de son existence.

Plus de cinquante ans après Apollo, la NASA confie à Axiom Space la révolution totale du scaphandre lunaire
La dernière combinaison lunaire remonte aux missions Apollo, il y a plus de cinquante ans. Les modèles actuels, conçus dans les années 1970 pour la Station spatiale internationale, deviennent dangereusement obsolètes. En 2022, la NASA a officiellement confié à Axiom Space le développement d’un scaphandre entièrement repensé.
L’AxEMU, pour Axiom Extravehicular Mobility Unit, est une combinaison semi-rigide à entrée dorsale. Elle intègre un système innovant pour éliminer le CO₂ et résiste à des températures comprises entre -120 °C et +120 °C. Chaque pièce se personnalise pour chaque astronaute, une avancée majeure par rapport aux missions Apollo.
Ce scaphandre pèse environ 136 kilogrammes sur Terre. Sur la Lune, son poids chute d’un facteur six, mais son inertie reste identique. Les astronautes doivent prévoir des sorties d’au moins huit heures dans ce vaisseau individuel, aux exigences physiques et mécaniques considérables.
Vibrations de décollage, froid spatial et vide absolu : l’AxEMU affronte sa chambre des tortures en laboratoire
Vibrations de décollage, froid spatial et vide absolu : l’AxEMU affronte sa chambre des tortures en laboratoire
Avant tout vol habité, Axiom Space doit produire une version dédiée aux tests de qualification. Ces essais reproduisent les violentes vibrations et les contraintes mécaniques du décollage du lanceur SLS. Chaque composant doit résister sans faillir à des sollicitations extrêmes jamais rencontrées par une combinaison antérieure.
La combinaison doit ensuite résister au vide absolu et aux variations thermiques de l’espace profond. Russell Ralston, vice-président d’Axiom Space, décrit ces tests comme la simulation la plus fidèle d’un vol réel. Toute défaillance des joints d’étanchéité bloquerait immédiatement le calendrier lunaire américain.
Malgré 700 heures de tests concluants, des experts alertent sur les risques physiques pour les marcheurs lunaires
Axiom Space a accumulé plus de 700 heures de tests, dont des simulations sous-marines au Neutral Buoyancy Lab de Houston. L’AxEMU a réussi ses épreuves en vide thermique et ses essais en apesanteur simulée. Pourtant, deux experts de premier plan ont exprimé des réserves sérieuses en janvier 2026.
L’ex-astronaute Kate Rubins et le médecin Mike Barratt pointent la masse inertielle du scaphandre. Sur la Lune, se relever après une chute réclame un effort physique colossal. De plus, le centre de gravité jugé trop élevé crée un risque de basculement lors des sorties quotidiennes de plusieurs heures.
Mission Artemis 3 en orbite basse ou à l’ISS : la combinaison lunaire AxEMU vivra son baptême spatial dès 2027
La NASA a remanié son programme Artemis en profondeur au printemps 2026. Désormais prévue en 2027, la mission Artemis 3 ne posera plus le pied sur la Lune. Elle testera en orbite terrestre basse les opérations conjointes entre la capsule Orion et les atterrisseurs commerciaux.
Artemis 3 offre une occasion précieuse pour faire voler l’AxEMU en vraie microgravité. Exposer le scaphandre au vide orbital fournirait aux ingénieurs des données critiques sur l’ergonomie et la sécurité. Ces retours permettraient de corriger les dernières failles avant l’alunissage d’Artemis 4, prévu en 2028.
Si la NASA écarte cette option, la Station spatiale internationale reste le terrain de secours idéal. Jonathan Cirtain, PDG d’Axiom Space, garantit que l’AxEMU volerait dans l’espace dès 2027, quelle que soit la destination. Le sort du premier baptême orbital de la combinaison se décidera dans les mois qui viennent.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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