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Une découverte intrigante : les abeilles adaptent leurs mouvements de danse à leur public

Elle illustre une nouvelle fois l’intelligence de ces insectes essentiels

— Kuttelvaserova Stuchelova / Shutterstock.com

« Danse comme si personne ne te regardait ». De récentes expériences montrent que cette expression populaire ne s’applique pas aux abeilles, insectes réputés pour leur intelligence, qui adaptent leurs mouvements à leur audience.

La « danse frétillante »

Initialement décrite par l’éthologiste allemand au tout début des années 1950, la « danse frétillante » est une forme sophistiquée de communication sociale, qui aide les abeilles à indiquer aux autres membres de la ruche où se trouvent les sources de nourriture. Globalement, elle implique des boucles « en huit », révélatrices de la direction à suivre, et dont la durée est étroitement liée à la distance à laquelle celles-ci se trouvent.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, Ken Tan, de l’Académie chinoise des sciences, et ses collègues ont constaté que le nombre d’observatrices influençait la performance de ces danseuses ailées.

« On présente souvent la danse frétillante comme un transfert d’informations unidirectionnel, mais nos recherches montrent que les réactions de l’audience façonnent le signal lui-même », écrivent les chercheurs.

Lorsque les abeilles se « produisaient » devant une foule dense, elles effectuaient des mouvements précis et fiables, fournissant des indications de qualité. Lorsque le public était rare, ils devenaient nettement plus décousus, avec des danseuses semblant désespérément chercher à attirer de nouveaux spectateurs.

Une question de quantité et de « qualité »

Le second volet de l’expérience a consisté à tester deux types de publics : des juvéniles non butineuses et des adultes. Dans le dernier cas, les abeilles étaient bien plus appliquées et concernées, démontrant ainsi que le nombre de spectateurs, et leur nature conditionnent leurs performances.

« Les humains ne sont pas les seuls à se comporter différemment selon leur public », rappelle Lars Chittka, de l’université Queen Mary de Londres. « Il s’agit d’une bonne illustration du fait que, même dans le monde miniature des insectes, la communication reste une affaire profondément sociale. »

Rouages essentiels de nombreux écosystèmes, les abeilles du monde entier sont aujourd’hui en net déclin. Il y a quelques mois, deux municipalités péruviennes avaient accordé à des espèces amazoniennes le droit d’être reconnues légalement et représentées devant les tribunaux.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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