
Si les chats domestiques sont arrivés en Chine par l’intermédiaire de la Route de la Soie, il s’avère qu’au cours des millénaires précédents, les locaux avaient un autre « félidé de compagnie » : Prionailurus bengalensis.
Cohabitation durable
L’analyse des restes de 22 animaux provenant de 14 anciens établissements humains disséminés dans tout le pays indique que les chats léopards ont côtoyé les populations locales pendant près de 3 500 ans. De la taille d’un chat domestique typique, ces animaux originaires d’Asie, se distinguant par leur pelage tacheté rappelant celui d’une espèce bien plus redoutable, auraient contribué à limiter la prolifération des rongeurs.
Si le plus ancien exemple documenté remonte à environ 5 400 ans, correspondant au Néolithique, P. bengalensis disparaît des archives archéologiques autour de 150 de notre ère. Selon les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Cell Genomics, cette trajectoire pourrait refléter les profonds bouleversements sociaux et économiques ayant secoué la Chine suite à l’effondrement de la dynastie Han.
Des récoltes moins importantes auraient entraîné une diminution drastique des populations de rongeurs, poussant les habitants à se séparer de leurs compagnons à quatre pattes. Une situation faisant écho à la disparition durable des rats noirs en Europe, consécutive à la chute de l’Empire romain.
Il a fallu attendre six siècles avant que ce vide ne soit comblé, comme en témoignent les premiers restes de chats domestiques trouvés en Chine, provenant de la ville de Tongwan, important comptoir commercial sur la Route de la Soie. Les analyses génétiques indiquent une parenté étroite avec les populations du Levant et d’Asie centrale, renforçant l’idée d’une introduction par des marchands originaires de ces régions.
Un retour remarqué
C’est également à cette époque que les petits félidés ont fait leur retour dans la culture chinoise, avec des représentations notamment trouvées sur des sépultures associées à la dynastie Tang (VIIᵉ au Xe siècle de notre ère).
Le fait que près de 85 % des chats représentés dans les peintures anciennes soient blancs suggère que les anciennes élites locales affectionnaient particulièrement les animaux au pelage clair.
Globalement, ces découvertes indiquent que la fin du « commensalisme entre l’Homme et le chat léopard », retourné à la vie sauvage, a essentiellement coïncidé avec la domestication du chat sauvage africain et sa diffusion en Europe.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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