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Lors du siège de Pompéi, les Romains auraient utilisé une « mitrailleuse antique »

Une arme plutôt sophistiquée

— © Rossi et al. / Heritage 2026 / CC-BY

En 89 avant notre ère, Rome n’avait pas lésiné sur les moyens afin de réprimer le soulèvement de la cité antique de Pompéi. L’analyse d’impacts identifiés sur ses murs suggère l’utilisation d’un polybolos amélioré, souvent décrit comme une « mitrailleuse antique ».

Des impacts intrigants

On attribue la paternité de cette arme remarquablement sophistiquée à Denys d’Alexandrie, ingénieur réputé de la ville grecque de Rhodes. Aucun vestige physique n’a à ce jour été découvert, mais des plans et sa description précise ont été trouvés dans les écrits de l’érudit antique Philon de Byzance, qui vivait au IIIe siècle avant notre ère.

Si les impacts de projectiles circulaires sur les murs nord de Pompéi attestent de l’utilisation par les forces de Lucius Cornelius Sulla de catapultes romaines typiques, ou scorpions, des stigmates plus petits et quadrangulaires, présentant un arrangement en éventail, intriguent depuis longtemps les archéologues. Afin d’établir le type de dispositif en étant à l’origine, les chercheurs ont réalisé des simulations physiques avancées.

Celles-ci suggèrent que seule une arme automatique de grande puissance, ciblant les archers émergeant des poternes latérales et de tours de l’enceinte de la cité antique, pourrait avoir causé les dommages observés.

De façon troublante, Sulla était également le gouverneur de la province romaine englobant Rhodes. Bien qu’il soit peu probable que le polybolos de Philon ait en l’état pu causer les dégâts observés à Pompéi, les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Heritage, supposent que des ingénieurs antiques auraient pu lui apporter des améliorations substantielles au cours des siècles suivants.

— © Rossi et al. / Heritage 2026 / CC-BY

Polybolos amélioré ?

Il se trouve qu’un officier d’artillerie et archéologue allemand nommé Erwin Schramm avait créé un polybolos pendant la Première Guerre mondiale, en remplaçant le système de transmission de Philon par une chaîne de vélo.

Notant que cette machine « fonctionnait comme un charme », l’équipe estime que l’ajout par les ingénieurs antiques de Rhodes d’un « réducteur mécanique similaire à un système de pignons », aurait permis de décupler sa puissance.

« Il est plausible que Sulla, commandant politiquement avisé et techniquement averti, ait pu utiliser les innovations rhodiennes lors du siège de Pompéi entre l’été 89 et l’hiver 88 [avant notre ère] », concluent-ils.

Pour aller plus loin, découvrez ces 10 exemples fascinants d’ingénierie grecque antique.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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