Six nations européennes viennent de franchir un cap décisif dans la course à l’armement longue portée. Le 12 février 2026, elles ont signé une lettre d’intention pour développer conjointement l’OWE 500 Plus, un drone kamikaze capable de frapper à plus de 500 kilomètres. L’Europe de la défense change de vitesse.

Six pays ont signé le 12 février 2026 pour lancer ELSA, un drone kamikaze européen capable de frapper à plus de 500 km.
En juillet 2024, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne posaient les bases d’ELSA. En février 2026, la Suède et le Royaume-Uni ont officialisé leur adhésion à Bruxelles, lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN. Le programme compte désormais six nations.
L’acronyme ELSA signifie European Long-Range Strike Approach. Ce partenariat multilatéral vise à combler un vide capacitaire criant : les armées européennes manquent cruellement de systèmes de frappe conventionnelle à grande distance. La guerre en Ukraine a révélé cette lacune.
La lettre d’intention signée le 12 février 2026 porte sur le développement conjoint d’une munition rôdeuse à bas coût. Son nom technique provisoire est One Way Effector 500 Plus. Sa portée opérationnelle dépasse les 500 kilomètres depuis sa plateforme de lancement.
Ce drone sans pilote vole jusqu’à sa cible pour la détruire, et son coût défie tous les missiles conventionnels.
L’OWE 500 Plus fonctionne comme un drone kamikaze. Lancé depuis des plateformes terrestres européennes, il survole la zone de conflit, détecte sa cible, puis plonge dessus pour la détruire. Il vise principalement les défenses aériennes ennemies, les dépôts logistiques et les centres stratégiques.
Son atout majeur reste son coût unitaire. Selon les documents du programme, le prix cible se situerait dans les cinq chiffres en euros, bien en deçà d’un missile de croisière classique. Cette accessibilité financière permettrait un déploiement en masse lors des opérations de saturation.
MBDA, géant européen des missiles, se positionne déjà pour décrocher les contrats industriels du programme ELSA.
MBDA, le principal fabricant européen de missiles, figure en tête des candidats industriels. Le groupe est déjà présent dans quatre des six pays signataires. Il travaille sur un système comparable, le Crossbow, une munition rôdeuse lourde d’une portée supérieure à 800 kilomètres.
La France a d’ailleurs déjà passé commande auprès de MBDA pour une version nationale de cet effecteur. Les premières livraisons sont attendues mi-2027. De son côté, l’Allemagne prévoit d’intégrer l’effecteur ELSA au sein de sa Multi-Domain Task Force, opérationnelle d’ici 2029.
L’OTAN s’aligne sur ELSA le même jour, renforçant la pression sur les industriels pour livrer vite et en masse.
Le même 12 février 2026, l’OTAN a annoncé un programme parallèle de frappe longue portée. L’Alliance explore de nouveaux mécanismes d’acquisition pour accélérer l’adoption de ces systèmes. Elle souhaite également associer des entreprises de défense non traditionnelles au processus.
La production distribuée de la plateforme ELSA sera répartie entre plusieurs pays européens. Cette organisation vise à accélérer la montée en cadence et à renforcer la résilience industrielle face à d’éventuelles disruptions. Des questions restent ouvertes sur la taille des ogives et le choix des sous-traitants.
Au-delà du drone kamikaze, ELSA ambitionne de développer d’autres capacités complémentaires. Parmi elles figurent des systèmes d’alerte précoce aéroportés et des lanceurs multi-missiles, baptisés Euro Multi Missile Launcher. Ensemble, ces outils doivent harmoniser la puissance de frappe des armées du continent.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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