Dans l’État de Victoria, en Australie, des paléontologues ont identifié des empreintes fossiles vieilles de 355 millions d’années. Leur particularité intrigue les chercheurs. Elles pourraient appartenir à un amniote, un groupe d’animaux comprenant reptiles, oiseaux et mammifères.

Une découverte australienne qui pourrait avancer l’apparition des amniotes de 30 à 40 millions d’années
Dans le sud-est de l’Australie, des habitants ont signalé d’étranges marques sur une surface rocheuse près de Mansfield. Alertée, une équipe scientifique s’est rendue sur place. Les chercheurs ont rapidement identifié des empreintes fossiles anciennes exceptionnellement bien conservées.
Les analyses datent ces traces d’environ 355 millions d’années, au début du Carbonifère. Cette datation précède de plusieurs dizaines de millions d’années l’apparition supposée des amniotes. Si l’interprétation se confirme, la chronologie évolutive actuelle pourrait être largement révisée.
L’apparition de l’œuf amniotique, innovation biologique qui a libéré les vertébrés de la dépendance à l’eau
Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir à une innovation clé. Les amniotes possèdent un œuf amniotique protégé, entouré d’une membrane appelée amnios. Cette structure protège l’embryon et permet le développement complet hors de l’eau.
Avant cette adaptation, les premiers vertébrés terrestres dépendaient encore des milieux aquatiques pour se reproduire. Les amphibiens actuels illustrent cette contrainte. L’apparition de l’indépendance reproductive terrestre a donc ouvert la voie à une expansion massive sur les continents.
Cette transition représente une étape majeure dans l’histoire du vivant. Les scientifiques pensaient qu’elle remontait au Carbonifère supérieur. Or, les nouvelles traces australiennes pourraient déplacer cette transition évolutive majeure plusieurs dizaines de millions d’années plus tôt.
Des griffes visibles dans la roche qui suggèrent la présence d’un amniote très ancien
Les empreintes observées près de Mansfield présentent un détail déterminant. Les chercheurs distinguent clairement des marques de griffes fossiles associées aux traces de pas. Cette caractéristique anatomique joue un rôle central dans l’interprétation scientifique.
Aucun amphibien connu ne possède de griffes. Cette observation oriente donc les paléontologues vers un animal terrestre primitif appartenant probablement au groupe des amniotes. Les traces montrent également des gouttes de pluie fossilisées, preuve d’une préservation exceptionnelle.
D’autres traces découvertes en Pologne renforcent l’idée d’une expansion ancienne des amniotes
Fait remarquable, une autre découverte récente apporte un soutien indirect à cette hypothèse. En Pologne, des scientifiques ont identifié une trace fossile attribuée à un amniote. Cette piste reste plus récente que celle observée en Australie.
Toutefois, elle confirme que ces animaux auraient déjà commencé une dispersion géographique précoce à cette période. Les environnements terrestres offraient alors peu de concurrence loin des zones aquatiques.
Les empreintes fossiles jouent ici un rôle essentiel. Contrairement aux ossements, elles documentent directement les déplacements d’un animal. Dans ce cas précis, une simple plaque rocheuse fossilifère pourrait remettre en cause des décennies de certitudes sur l’origine des vertébrés terrestres.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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