Vingt ans après un film catastrophe resté célèbre, des sismologues confirment un phénomène bien réel au cœur de notre planète. Le noyau interne a ralenti, s’est arrêté, puis a changé de rythme. Trois études publiées entre 2023 et 2025 consolident ce constat.

Les ondes sismiques révèlent un arrêt temporaire du noyau interne autour de 2009
En janvier 2023, deux chercheurs de l’Université de Pékin publient dans Nature Geoscience une analyse approfondie. Ils examinent des séismes enregistrés depuis 1964. Leurs résultats mettent en évidence une rotation du noyau qui cesse d’évoluer autour de 2009.
Plus précisément, les ondes sismiques traversant le centre ne montrent plus de variations temporelles significatives. Ce signal traduit un arrêt relatif par rapport au manteau terrestre. Ensuite, après près d’une décennie de pause, le noyau reprend un mouvement plus lent que la surface.
Une inversion relative confirmée par 121 séismes et des archives d’essais nucléaires
En juin 2024, un géophysicien de l’Université de Californie du Sud publie dans Nature une étude indépendante. Son équipe compile les données de 121 séismes répétitifs survenus entre 1991 et 2023 près des îles Sandwich du Sud, afin de tester l’hypothèse initiale.
Les chercheurs intègrent également des archives d’essais nucléaires soviétiques réalisés dans les années 1970. Cette base élargie renforce la solidité statistique des conclusions. Le verdict confirme un ralentissement depuis 2010, suivi d’un décalage relatif par rapport à la surface terrestre.
En février 2025, une nouvelle publication approfondit encore l’analyse. Les données montrent que la vitesse varie, mais aussi la structure. La surface du noyau interne se déforme légèrement, remodelée par la pression constante du noyau externe liquide environnant.
Un cœur de fer et de nickel profondément enfoui et protégé par un océan métallique en fusion
Le noyau interne constitue une sphère solide de fer et de nickel d’environ 2 400 kilomètres de diamètre. Il se situe à plus de 5 000 kilomètres sous la surface. Autour de lui s’étend un noyau externe liquide animé par des mouvements de convection permanents.
Ces circulations génèrent le champ magnétique terrestre qui protège la planète contre les rayonnements solaires. Toutefois, l’oscillation observée ne représente aucun danger immédiat. La durée du jour varie seulement de quelques millièmes de seconde, un effet imperceptible à l’échelle humaine.
Des cycles de 60 à 70 ans qui interrogent les liens entre rotation, magnétisme et climat
Les chercheurs identifient un cycle d’environ 70 ans dans ces inversions relatives successives. Un basculement comparable se serait produit au début des années 1970. Le prochain pourrait intervenir vers le milieu des années 2040, si la périodicité se confirme.
De plus, ces oscillations coïncident avec des variations de la durée du jour déjà mesurées par les observatoires. Elles correspondent aussi à certaines fluctuations du champ magnétique. Les scientifiques examinent désormais d’éventuelles connexions avec des fluctuations climatiques observées sur plusieurs décennies.
Toutefois, le mécanisme précis reste débattu au sein de la communauté scientifique. Les forces électromagnétiques du noyau externe s’opposent à l’attraction gravitationnelle du manteau. Ce bras de fer interne façonne une dynamique plus complexe que prévu au centre de la planète.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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