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Dès 2027, des humains pourraient vivre sous l’océan : le pari fou qui veut enterrer la conquête spatiale

L’humanité lève les yeux vers les étoiles, mais son avenir proche pourrait se décider sous la surface des mers. Une start-up britannique, DEEP, veut installer des habitats humains permanents dans les océans dès 2027. Une initiative ambitieuse qui pourrait redéfinir durablement notre relation à la planète bleue.

Un plongeur s’approche d’un habitat humain en acier installé à 200 mètres de profondeur, avec des chercheurs visibles à l’intérieur à travers des hublots éclairés.
Un module en acier haute résistance repose sur le fond marin tandis qu’un plongeur l’inspecte. À l’intérieur, des chercheurs travaillent déjà dans ce prototype d’habitat conçu pour accueillir durablement des humains sous l’océan. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Impression 3D et acier haute résistance : la stratégie de DEEP pour bâtir des cités viables sous l’océan

Nous connaissons parfois mieux la surface de Mars que nos propres fonds marins encore inexplorés. DEEP entend inverser cette logique en misant sur les 70 % de la surface terrestre recouverts d’eau. L’idée : déployer des structures métalliques capables de supporter une pression extrême tout en accueillant durablement la vie humaine.

La clé repose sur une fabrication additive par arc électrique de pointe. Le module Vanguard, attendu cette année, doit héberger des plongeurs dans un espace compact, sécurisé et fonctionnel. Ces habitats imprimés en 3D ouvrent une nouvelle phase dans l’exploration humaine des profondeurs.

Des bases autonomes équipées pour vivre un mois à 200 mètres et viser une présence humaine continue

Les ingénieurs voient plus loin que de simples missions scientifiques ponctuelles. Les futures unités Sentinelles promettent un confort complet, avec chambres, laboratoires et installations sanitaires intégrées. Ces modules permettront de vivre jusqu’à 200 mètres de profondeur durant près d’un mois.

L’ambition affichée est claire : installer une présence humaine permanente, et non de brèves incursions. L’entreprise évoque même l’hypothèse d’une naissance sous-marine d’ici 2050. Un symbole fort qui marquerait un retour durable de notre espèce vers son berceau biologique.

Devenir le SpaceX des océans constitue l’objectif revendiqué par la société. Elle prévoit de déployer plusieurs bases à travers le monde au cours de la prochaine décennie. Un véhicule mobile pourrait relier ces stations afin de former un véritable réseau sous-marin structuré.

Pression, obscurité, isolement : les obstacles physiologiques majeurs avant toute installation durable

Le corps humain se transforme lorsqu’il demeure longtemps sous forte pression. Joseph Dituri a passé cent jours sous l’eau afin d’étudier ces effets sur son organisme. Ses observations révèlent une baisse du cholestérol, mais aussi une diminution marquée de la densité corporelle.

L’absence de lumière naturelle dérègle profondément le rythme biologique et affecte le moral des aquanautes. L’être humain reste dépendant du soleil pour préserver son équilibre psychologique. La médecine devra proposer des réponses pour limiter ces effets avant toute colonisation d’ampleur.

Entre avancée scientifique et risques écologiques, l’équilibre fragile des écosystèmes marins en question

Installer des infrastructures artificielles au sein d’écosystèmes sensibles pose des interrogations environnementales majeures. Le danger de déséquilibrer la faune locale ou de générer une pollution sonore demeure concret. Les porteurs du projet assurent vouloir travailler étroitement avec des spécialistes en biologie marine.

L’enjeu est d’explorer ces milieux sans répéter les erreurs commises à terre. Ces bases pourraient contribuer à mieux étudier et préserver les espèces menacées d’extinction. Une cohabitation respectueuse apparaît essentielle pour réussir ce défi technologique et scientifique ambitieux.

Ce mouvement vers l’océan propose une alternative face aux défis climatiques contemporains. Il ne s’agit pas d’abandonner la surface, mais d’apprendre à l’occuper autrement. Nous devons nous établir dans les profondeurs en hôtes responsables plutôt qu’en prédateurs des ressources.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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