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Comment les blessures causées par le feu ont façonné l’évolution humaine

La « sélection par brûlures »

— Gorodenkoff / Shutterstock.com

S’il ne fait aucun doute que le feu a constitué un levier majeur de l’évolution humaine, de nouvelles recherches suggèrent un rôle sous-estimé des blessures liées à son utilisation.

Explorer l’influence des brûlures sur notre fonction immunitaire

Source de chaleur précieuse, le feu éloignait les prédateurs, et permettait également à nos lointains ancêtres de cuire les aliments, et de fabriquer des outils. Expliquant avoir été inspiré par un banal incident impliquant un morceau de poulet fumant, Joshua Cuddihy et ses collègues de l’Imperial College de Londres ont récemment exploré l’influence des brûlures sur notre fonction immunitaire.

« Ces blessures provoquent des réactions bien différentes des coupures ou éraflures, avec notamment une phase inflammatoire intense, médiée par la libération de marqueurs appelés cytokines », écrivent les chercheurs. « Le feu causant des lésions cutanées plus profondes [et donc plus susceptibles de s’infecter], sans une réaction immunitaire aussi spectaculaire, même les brûlures légères pourraient s’avérer mortelles. »

Détaillée dans la revue BioEssays, leur analyse a impliqué la comparaison de 94 gènes activés dans le cas d’une blessure liée à la chaleur chez l’Homme à ceux de chimpanzés, gorilles, orangs-outans et macaques.

Il s’est avéré qu’au moins une dizaine d’entre présentaient des signes d’évolution accélérée chez notre espèce, ce qui se traduisait par une meilleure cicatrisation et une sensibilité cutanée aux brûlures accrue, nous encourageant à protéger nos blessures et à soigneusement éviter de les aggraver.

Sélection naturelle

Selon Cuddihy, de telles découvertes renforcent l’idée que la sélection naturelle ait favorisé les mécanismes physiologiques améliorant la survie en cas de brûlures superficielles et fréquentes.

« Dans le même temps, ces adaptations ont également entraîné des compromis évolutifs, ce qui expliquerait pourquoi nous restons particulièrement vulnérables aux complications liées aux brûlures graves [avec une susceptibilité accrue à l’inflammation et à la cicatrisation pouvant entraîner des défaillances organiques dans les cas les plus graves] », note le chercheur.

Plus globalement, ces nouveaux travaux illustrent de façon frappante comment un facteur culturel (ici l’utilisation du feu) peut profondément façonner notre biologie.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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