Sous ses airs de jouet rigolo, il cache une prouesse d’ingénierie : GrowHR, le robot chinois gonflable, repousse les limites de la robotique humanoïde. Moins Terminator, plus Bibendum ninja, ce prototype étonnant pourrait bien changer la donne dans les environnements complexes.

Un design inspiré des os humains pour une robotique plus souple et plus sûre
À première vue, GrowHR ressemble plus à un jouet farfelu qu’à un robot de haute technologie. Pourtant, sous cette allure presque enfantine se cache un concept audacieux : reproduire les qualités des os humains pour bâtir un robot à la fois robuste, adaptable et étonnamment léger.
Les chercheurs de Shenzhen ont conçu une structure interne faite de chambres à air flexibles, enveloppées dans un textile résistant. Une fois gonflées, ces structures allongent les membres du robot jusqu’à trois fois leur taille. Elles deviennent suffisamment rigides pour supporter un poids, tout en restant souples pour amortir les chocs.
Ce principe, simple en apparence, permet une combinaison rare en robotique : solidité et sécurité. GrowHR peut ainsi encaisser des coups sans dommage et bouger de manière fluide, loin de la raideur mécanique classique. Une solution qui ouvre la voie à une robotique plus douce et plus sûre pour l’humain.
Un robot qui change de taille à volonté, flotte, nage et s’envole
Là où les robots traditionnels sont souvent rigides, lourds et dangereux en cas de chute, GrowHR joue la carte de la souplesse intelligente. En dégonflant ses membres, il peut réduire sa taille de 64 %, ce qui lui permet de se glisser dans des espaces étroits. Pratique pour des missions de sauvetage ou d’exploration urbaine.
Et ce n’est pas tout. Grâce à sa structure gonflable et étanche, il peut flotter comme une bouée, nager, et même marcher sur l’eau. Mieux encore : équipez-le de petits rotors, et le voilà qui s’envole comme un drone. À 4,5 kilos à peine, il devient un caméléon de terrain, capable de passer de la terre à l’air en un clin d’œil.
Une architecture bio-inspirée pensée pour cohabiter sans danger avec les humains
Le génie derrière GrowHR, c’est aussi sa sécurité naturelle. Sa structure souple limite les risques de blessures en cas de choc avec un humain. Contrairement à un robot en métal, il ne casse pas et ne blesse pas. Une qualité essentielle si on l’imagine un jour dans nos maisons ou nos lieux publics.
Ses “os” sont reliés entre eux par des câbles tendus, animés par des petits moteurs et des guides en fibre de carbone. Le résultat ? Des mouvements fluides, presque organiques. On est loin des mouvements rigides d’un robot industriel. Et pourtant, tout ça, c’est du sérieux : l’étude a été publiée dans Science Advances, une revue scientifique reconnue.
Encore limité mais plein de promesses pour les zones difficiles d’accès… et nos maisons demain ?
Ne crions pas (encore) au miracle. Pour l’instant, GrowHR reste un prototype de laboratoire, encore limité dans certaines situations. Dans l’eau par exemple, sa motricité reste freinée par son enveloppe étanche. Mais l’idée est là, puissante, novatrice.
Demain, ce genre de robot pourrait explorer les zones sinistrées, intervenir dans des zones inaccessibles ou même aider dans les foyers. Sa capacité à changer de forme et de mode de déplacement en fait un couteau suisse robotique. Et puis, avouons-le : ce serait quand même plus sympa d’avoir ce Bibendum chez soi qu’un humanoïde au regard vide et au sourire figé.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Futura
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