
Une véritable bizarrerie évolutive. Des expériences ont récemment permis d’élucider un mystère tenace concernant la rétine des oiseaux : sa capacité à fonctionner sans oxygène.
Mécanisme alternatif
Membrane tapissant le fond de l’oeil, la rétine transforme les signaux lumineux externes en influx nerveux, transmis au cerveau. Chez la quasi-totalité des espèces en possédant, ses tissus sont alimentés en oxygène et nutriments grâce un réseau de capillaires. Paradoxalement, les rétines épaisses des oiseaux sont dépourvues de vaisseaux sanguins, suggérant un mécanisme alternatif.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature, Christian Damsgaard de l’université d’Aarhus, ont placé de minuscules capteurs d’oxygène dans les yeux de diamants mandarins (Taeniopygia guttata).
Ces dispositifs ont révélé un apport en oxygène se limitant aux couches superficielles de leur rétine. Des mesures de l’activité métabolique ont permis de confirmer que l’alimentation de la grande majorité de cette membrane reposait sur la glycolyse.
Nature, Published online: 21 January 2026; doi:10.1038/d41586-025-04095-0Neurons in the bird eye’s inner retina lack a blood supply. Finding how these neurons function without oxygen reveals a role for an enigmatic eye structure.https://t.co/W9suVNgenv
— Michael W. Deem (@Michael_W_Deem) January 21, 2026
Assurant la décomposition des sucres en l’absence d’oxygène, ce processus se révèle bien moins efficace que la voie aérobie classique. « Il vous faut environ 15 fois plus de glucose pour produire la même quantité d’énergie », illustre Damsgaard.
Le rôle central du pecten oculi
Des recherches complémentaires ont révélé le rôle central du pecten oculi, structure vascularisée propre aux yeux des oiseaux découverte au XVIIIe siècle par l’anatomiste français Claude Perrault.
Plutôt que d’acheminer l’oxygène, comme on le supposait au départ, il s’avère que celle-ci imprègne essentiellement leur rétine de glucose, fournissant ainsi le « carburant » nécessaire à la glycolyse.
De telles découvertes constituent un bon exemple de solution évolutive contre-intuitive. « La rétine, en particulier celle des oiseaux, est l’un des tissus les plus gourmands en énergie du règne animal », rappelle Luke Tyrrell, de l’université d’État de New York. Selon lui, l’absence de vascularisation rétinienne profonde se traduirait par une bien meilleure acuité visuelle.
Précédemment, un fossile vieux de 80 millions d’années avait comblé un fossé dans l’évolution des oiseaux.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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