
Réputée pour avoir accueilli certains criminels américains notoires au cours du XXe siècle, l’île d’Alcatraz a reçu le 11 janvier dernier un visiteur inattendu : un coyote plutôt bon nageur.
Une traversée périlleuse
En service de 1934 à 1963, la prison fédérale d’Alcatraz a été le théâtre d’une évasion rocambolesque en 1962. Minutieusement planifiée, celle-ci avait vu les frères John et Clarence Anglin s’échapper de ce petit bout de terre farouchement gardé, vraisemblablement à bord d’un radeau de fortune qui leur aurait permis de rallier le continent.
Soixante-quatre ans plus tard, un touriste a précisément immortalisé le scénario inverse : un coyote (Canis latrans) nageant vigoureusement dans la baie et atteignant finalement la côte de l’île-prison. Après s’être longuement ébroué, le canidé sauvage a disparu sans laisser de trace.
« Nous ignorons s’il a trouvé refuge sur l’île ou repris la mer », a déclaré Aidan Moore, de la société Alcatraz City Cruises.
Bien que les coyotes soient d’honnêtes nageurs, il ne s’agit pas d’athlètes olympiques. Cette traversée inédite n’a assurément pas été une partie de plaisir pour l’animal. Outre la distance remarquable à couvrir (environ 2 kilomètres), il a dû affronter des eaux très froides et de puissants courants, menaçant de l’emporter au large.
Nouvelle tendance ?
Au cours de la dernière décennie, une quinzaine de coyotes ont été recensés sur Angel Island, également située dans la baie de San Francisco. Les gardes forestiers stationnés sur l’île pensent qu’ils auraient nagé depuis de la ville côtière de Tiburon, impliquant la traversée du détroit de Raccoon sur environ 1,6 kilomètres.
L’an passé, plusieurs spécimens avaient également été surpris en train de traverser le détroit du Golden Gate, enjambé par le pont suspendu géant faisant la renommée de San Francisco.
À ce stade, les raisons de ces folles escapades restent discutées. Selon Bertt Furnas, du California Department of Fish and Wildlife, si l’extension vers le sud de l’ère de répartition des coyotes dans les comtés de Marin et de San Francisco suggère une possible réponse à des pressions environnementales, une telle tendance illustre surtout la nature aventureuse de ces canidés.
Il y a deux ans, des chercheurs avaient documenté une autre épopée remarquable : deux lions africains, dont l’un sévèrement estropié, ayant nagé sur plus d’1,5 kilomètre dans des eaux remplies de crocodiles et d’hippopotames.